Ni personne, ni temps, ni mode, ni accord. Un verbe chinois s'écrit et se prononce toujours de la même façon — voici ce qui remplace la conjugaison.
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Un francophone apprend, pour un seul verbe, plusieurs dizaines de formes : six personnes, une douzaine de temps, l'indicatif et le subjonctif, les participes, sans compter les irrégularités. La langue chinoise, elle, n'en a qu'une.
Le verbe « manger » se dit exactement pareil que je mange, que tu mangeais, qu'ils auront mangé ou qu'il faudrait qu'elle mangeât. Le mot ne bouge pas d'un iota. Ce que le français encode dans la terminaison, le chinois le place ailleurs : dans des mots de temps et dans quelques particules.
C'est l'argument le plus fort contre la réputation de difficulté de cette langue. La grammaire du mandarin est plus simple que celle du français — la difficulté est ailleurs, dans les tons et dans l'écriture.
Pour situer une action, on ajoute simplement un mot : hier, demain, l'an dernier, tout à l'heure. Une fois ce repère posé en début de phrase, il vaut pour tout ce qui suit, et l'on n'y revient plus. Dire « hier je aller au marché » est une phrase chinoise parfaitement correcte.
Une particule placée après le verbe signale qu'une action est menée à son terme, ou qu'un changement d'état s'est produit. Attention au faux ami : ce n'est pas un temps du passé. Elle s'emploie aussi pour une action qui sera achevée dans le futur. Le chinois raisonne en termes d'aspect — action achevée ou non — là où le français raisonne en termes de moment.
Une autre particule indique que l'on a déjà vécu quelque chose au moins une fois : « j'ai déjà mangé du durian », « je suis déjà allé en Chine ». C'est une nuance que le français exprime par des mots supplémentaires, et que le chinois traite en une syllabe.
Un mot placé devant le verbe marque que l'action se déroule au moment dont on parle — l'équivalent de notre « être en train de ». Là encore, le verbe lui-même ne change pas.
C'est l'un des rares points de la langue chinoise où un francophone se trompe régulièrement, et il vaut la peine d'être compris.
Elle nie une action au présent ou au futur, une habitude, une volonté, un état. C'est celle qu'on emploie pour dire « je ne mange pas de viande » ou « je n'irai pas ».
Une négation différente sert à dire qu'une action n'a pas eu lieu. Elle est incompatible avec la particule d'accompli : lorsqu'on nie, cette particule disparaît. C'est la faute la plus fréquente des débutants.
Il sert uniquement à relier deux noms — « je suis médecin ». Avec un adjectif, il ne s'emploie pas du tout : l'adjectif chinois fonctionne lui-même comme un verbe.
Le chinois aligne volontiers plusieurs verbes dans la même phrase sans mot de liaison, dans l'ordre où les actions se produisent : « je prendre bus aller travail ». C'est d'une logique limpide, et très différente du français.
Savoir qu'un verbe chinois est invariable ne vous fera pas parler. Ce qui demande du travail, c'est de choisir la bonne particule au bon moment, sans y penser — et cela ne s'obtient qu'en entendant ces structures des centaines de fois dans des phrases réelles.
C'est d'ailleurs une bonne nouvelle : il n'y a rien à mémoriser, seulement à s'exposer. Quatorze minutes d'écoute active par jour suffisent à installer ces mécanismes, sans jamais ouvrir un tableau.
Lire cette page ne vous fera pas parler — écouter, si. Quatorze minutes par jour, vous répétez à voix haute ce que vous entendez, et la langue s'installe. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire.
Jamais. Un verbe de la langue chinoise garde exactement la même forme quelle que soit la personne, le temps ou le mode. C'est l'une des grammaires les plus économes parmi les grandes langues du monde.
Par un mot de temps placé en début de phrase — hier, demain, l'an dernier — qui vaut ensuite pour tout ce qui suit. Le chinois ajoute aussi des particules d'aspect, qui indiquent si l'action est achevée ou déjà vécue.
Non, et c'est le contresens le plus fréquent. Elle marque l'achèvement d'une action, ce qui peut aussi concerner le futur. Le chinois raisonne en aspect, pas en moment.
L'une nie une action présente, future ou habituelle ; l'autre nie qu'une action ait eu lieu. La seconde est incompatible avec la particule d'accompli, qui disparaît alors. C'est l'erreur la plus courante chez les débutants.
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