Des leçons de 14 minutes pour apprendre à parler islandais. Aucun tableau de déclinaisons : la prononciation et les formes s'acquièrent là où elles vivent, à l'oral.
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L'Islande reçoit chaque année un nombre de visiteurs très supérieur à sa population. Et pourtant, essayez de trouver un cours d'islandais en français : vous n'en trouverez pratiquement aucun.
C'est une anomalie que ce cours corrige. L'islandais compte quelque trois cent cinquante mille locuteurs, ce qui en fait l'une des langues nationales les moins parlées d'Europe — trop peu pour intéresser les grands éditeurs de méthodes, largement assez pour que des milliers de francophones souhaitent l'apprendre.
Ceux qui s'y essaient tombent presque toujours sur des ressources en anglais, conçues pour un public anglophone dont l'oreille et les habitudes de prononciation n'ont rien à voir avec les nôtres. Apprendre une langue difficile en passant par une troisième langue ajoute un obstacle à un parcours qui n'en manquait pas.
C'est le premier choc. Les mots islandais écrits ne se prononcent pas du tout comme un francophone les imagine : des lettres qui n'existent pas chez nous, des groupes de consonnes qui se transforment complètement à l'oral, des sons absents du français. Un nom de lieu lu sur une carte et le même nom prononcé par un Islandais paraissent sans rapport.
C'est précisément l'argument le plus fort en faveur d'une méthode audio pour cette langue. Commencer par l'écrit, en islandais, c'est installer d'emblée une prononciation fausse qu'il faudra ensuite désapprendre. Commencer par l'oreille supprime le problème à la racine.
L'islandais décline ses noms, ses adjectifs et ses articles selon quatre cas et trois genres. Présenté en tableaux, cela représente des dizaines de formes à mémoriser avant la première phrase utile — et c'est là que la plupart des débutants renoncent.
Mais ces formes ne sont pas un savoir : ce sont des réflexes. Un enfant islandais les maîtrise avant d'entrer à l'école. Entendues des centaines de fois dans des phrases réelles, elles s'installent d'elles-mêmes, jusqu'à ce qu'une forme incorrecte vous écorche l'oreille sans que vous sachiez dire pourquoi.
L'islandais a une particularité qui fascine les linguistes : il a très peu changé depuis le Moyen Âge. Isolée sur son île, la langue a conservé une grammaire et un vocabulaire que les autres langues scandinaves ont largement simplifiés. Un Islandais d'aujourd'hui peut lire les sagas médiévales dans le texte — un exploit sans équivalent dans la plupart des langues européennes.
Cette continuité s'accompagne d'une politique linguistique singulière. Plutôt que d'emprunter les mots étrangers, l'islandais en fabrique à partir de ses propres racines : les termes techniques modernes, y compris ceux de l'informatique, ont été forgés sur place. Le vocabulaire ressemble donc moins qu'ailleurs à un vocabulaire international que l'on reconnaîtrait au passage.
C'est une difficulté supplémentaire, il faut le dire franchement : vous ne retrouverez pas les appuis que l'anglais ou l'allemand vous offrent. En revanche, c'est aussi ce qui rend cette langue passionnante, et ce qui explique l'attachement que lui portent ceux qui s'y mettent.
Saluer, se présenter, remercier, poser une question simple. L'essentiel des premières leçons consiste à habituer l'oreille à des sons qui n'existent pas en français, et la bouche à les produire.
Les nombres et les prix, la nourriture, le logement, les transports et la route, la météo — sujet central en Islande —, demander son chemin, le téléphone.
Raconter, expliquer, donner un avis, comprendre une réponse au débit normal. Les déclinaisons sont alors en place, installées par l'usage et non par la récitation.
« Mais tous les Islandais parlent anglais. » C'est vrai, et c'est exactement pourquoi l'effort compte autant. Presque aucun visiteur ne tente un mot d'islandais. Dans un pays où la langue est un élément central de l'identité nationale, prononcer correctement quelques phrases ne passe jamais inaperçu.
Vous n'avez pas besoin de l'islandais pour circuler. Vous en avez besoin pour prononcer correctement les noms de lieux, comprendre ce qui vous entoure et sortir du statut de visiteur parmi des centaines de milliers d'autres.
Travail, études, famille. L'anglais suffit les premiers mois et devient un plafond ensuite : l'intégration réelle passe par la langue, et les Islandais le font savoir avec bienveillance.
Sagas, vieux norrois, histoire scandinave. L'islandais est la porte d'entrée la plus directe vers cet univers, puisqu'il en a conservé la langue presque intacte.
C'est le cas de la plupart de nos abonnés islandophiles : les ressources en français sont quasi inexistantes, et celles en anglais ajoutent un détour inutile.
Il demande plus d'exposition que l'espagnol ou l'italien, c'est certain : le vocabulaire n'offre pas d'appuis familiers et la grammaire est richement déclinée. Mais la difficulté est souvent surestimée parce qu'on l'aborde par l'écrit, qui est précisément l'angle le plus décourageant pour cette langue.
Parce que l'écart entre l'orthographe islandaise et sa prononciation est considérable. Commencer par l'écrit installe une prononciation fausse qu'il faut ensuite désapprendre. L'oreille d'abord évite entièrement ce détour.
Par la répétition entendue, comme un enfant islandais qui les maîtrise avant l'école. Les formes reviennent constamment dans les mêmes contextes jusqu'à devenir des réflexes. Une page de grammaire de l'islandais est disponible en complément pour ceux qui veulent comprendre la mécanique.
À sortir du lot. Presque aucun visiteur ne tente un mot d'islandais, dans un pays où la langue est un pilier de l'identité nationale. L'effet de quelques phrases bien prononcées y est sans commune mesure avec ce qu'il serait ailleurs.
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