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Cours de languesLes démonstratifs

Les démonstratifs en darija : montrer du doigt avec des mots

Trois formes pour le proche, trois pour le lointain, et une place variable dans la phrase. Ce sont parmi les tout premiers mots utiles quand on ne connaît pas le vocabulaire.

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Pourquoi les apprendre tout de suite

Parce qu'ils permettent de se débrouiller sans vocabulaire. « Ça, c'est combien ? », « je veux celui-là », « c'est quoi, ça ? » : avec un démonstratif, un geste et un mot interrogatif, on tient déjà une conversation utile au marché.

C'est l'une des raisons pour lesquelles ces mots arrivent très tôt dans notre cours de darija algérien — ils donnent un rendement immédiat, avant même que le vocabulaire soit installé.

Le proche et le lointain

Ce qui est près : hâda, hâdi, hâdu

Trois formes, qui s'accordent avec ce qu'elles désignent : hâda pour un masculin singulier, hâdi pour un féminin singulier, hâdu pour un pluriel — sans distinction de genre au pluriel, comme partout ailleurs dans la langue. Voir le genre.

Ce qui est loin

Une seconde série, bâtie sur le même principe, désigne ce qui est éloigné — dans l'espace, dans le temps, ou dans le discours. Elle suit la même logique d'accord.

Deux places possibles

Le démonstratif peut se placer avant le nom, comme notre « ce livre », ou après le nom défini, ce qui donne littéralement « le livre celui-ci ». Les deux s'entendent couramment, et la seconde construction est très fréquente à l'oral algérien.

Point important : quand le démonstratif précède, le nom porte quand même l'article défini. Voir l'article.

Employé seul

Le démonstratif se suffit à lui-même : « ça, c'est bon », « celle-là me plaît ». Combiné avec l'absence de verbe être, cela donne des phrases très courtes et très efficaces. Voir la phrase sans verbe.

Ce que la transcription abîme

Ces mots se contractent beaucoup à l'oral. La voyelle longue du début se réduit, la finale s'accroche au mot suivant, et l'ensemble se fond en un bloc rapide. Un apprenant qui les a appris en les lisant syllabe par syllabe ne les reconnaît pas dans une phrase dite à vitesse normale.

C'est un cas très net du décalage entre la forme écrite et la forme parlée. Les démonstratifs figurent parmi les mots les plus fréquents de la langue — donc parmi les plus usés, les plus contractés, et les plus trompeurs sur une page.

Un conseil concret : n'apprenez jamais ces mots isolément. Apprenez « ça coûte combien », « je veux celui-là », « c'est quoi ça » — des blocs entiers, entendus et répétés. Vous les emploierez correctement sans jamais avoir eu à choisir une forme.

Un usage qui dépasse le geste

Les démonstratifs servent aussi à renvoyer à ce qui vient d'être dit — « ça, c'est vrai », « ce que tu dis là » — et à introduire une précision. Ils jouent alors un rôle d'articulation du discours, bien au-delà de la simple désignation.

C'est un emploi qu'on n'acquiert pas en apprenant les formes, mais en entendant des gens discuter. Il marque assez nettement le passage d'un niveau débutant à un niveau où l'on suit une conversation.

Passez à la pratique

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Questions fréquentes

Quels sont les démonstratifs du darija algérien ?

Pour le proche : hâda au masculin singulier, hâdi au féminin singulier, hâdu au pluriel. Une seconde série, bâtie sur le même principe, désigne ce qui est éloigné.

Où se place le démonstratif ?

Avant le nom, comme notre « ce livre », ou après le nom défini, ce qui donne « le livre celui-ci ». Les deux s'entendent couramment, la seconde étant très fréquente à l'oral algérien.

Faut-il l'article avec un démonstratif ?

Oui. Même quand le démonstratif précède le nom, celui-ci porte l'article défini — contrairement au français, où « ce » remplace l'article.

Pourquoi je ne les reconnais pas quand on parle vite ?

Parce qu'ils se contractent fortement : la voyelle longue initiale se réduit et la finale s'accroche au mot suivant. Appris syllabe par syllabe à l'écrit, ils deviennent méconnaissables dans une phrase rapide.

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