Trois formes à retenir, contre une dizaine en français. Le piège n'est pas grammatical, il est social : l'impératif marocain ne sonne pas comme le nôtre.
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Sur les transcriptions. Le darija marocain n'a pas d'orthographe officielle : les formes écrites ici sont des approximations, et la prononciation varie de Tanger à Marrakech. Voir la prononciation.
Le marocain distingue l'ordre adressé à un homme, celui adressé à une femme, et celui adressé à un groupe. Le français n'en a que deux — « fais » et « faites » — et ne marque pas le genre. C'est donc une distinction supplémentaire, mais elle se calque exactement sur celle du présent.
L'impératif se construit d'ailleurs à partir de l'inaccompli, dont on retire le préfixe personnel. Il n'y a rien de neuf à apprendre : si vous savez conjuguer, vous savez ordonner.
Voici le point que les grammaires survolent et que les apprenants ratent. Dire « ne fais pas » n'est pas dire « fais » à la forme négative.
L'impératif proprement dit n'a pas de négation. Pour interdire, le marocain change de forme : il reprend le verbe à l'inaccompli, avec son préfixe personnel, et l'encadre de la négation en deux morceaux. La phrase n'a donc plus rien de la forme affirmative. Voir la négation.
C'est un mécanisme très régulier, mais il faut l'avoir vu une fois. Un francophone qui essaie de nier un impératif directement produit une phrase qui ne se dit pas.
Il n'est pas impoli. Dans un souk, dans un taxi, à table, l'impératif est la forme normale — pas une brusquerie. Le marocain n'adoucit pas ses demandes en les enroulant dans des tournures conditionnelles comme nous le faisons.
Ce qui adoucit, ce sont les formules qui accompagnent : les invocations, les mots de politesse, l'intonation. Un francophone qui plaque ses habitudes — « est-ce que tu pourrais éventuellement… » — produit une phrase qui sonne étrange, et parfois distante. Voir les expressions courantes.
Quelques verbes reviennent si souvent à l'impératif qu'ils s'apprennent comme des mots à part entière, sans passer par la conjugaison : viens, va, donne, prends, écoute, regarde, attends, entre, assieds-toi. Ce sont les premiers mots que vous entendrez en arrivant au Maroc.
S'y ajoute toute une série de formules d'accueil qui ont la forme d'un impératif sans en avoir la fonction — l'équivalent de notre « tenez » ou « allez-y ». Elles s'apprennent entières, comme des blocs.
Enfin, les pronoms compléments se collent directement derrière l'impératif, en un seul mot. « Donne-le-moi » se dit en une seule pièce, ce qui produit des formes un peu longues au début. Voir les pronoms.
Où cela sert le plus. Au souk, dans les taxis, et à table. Trois situations où l'on donne et reçoit des ordres toute la journée sans que personne s'en formalise. Notre cours de darija marocain vous les fait entendre en contexte, en leçons de quatorze minutes.
Quarante-deux pages qui se répondent — la mécanique de la langue d'un côté, le vocabulaire par thème de l'autre. À parcourir dans l'ordre, ou au gré de vos questions.
Lire cette page ne vous fera pas parler — écouter, si. Quatorze minutes par jour, vous répétez à voix haute ce que vous entendez, et la langue s'installe. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire.
Trois : pour un homme, pour une femme, pour un groupe. Le français n'en a que deux et ne marque pas le genre. Elles se calquent sur la conjugaison du présent.
Pas en niant l'impératif, qui n'a pas de négation. On reprend le verbe à l'inaccompli avec son préfixe personnel, encadré par la négation en deux morceaux. La phrase change donc entièrement de forme.
Non, c'est la forme normale. Ce qui adoucit une demande, ce sont les formules qui l'accompagnent et l'intonation, pas une tournure conditionnelle comme en français.
Collés directement derrière l'impératif, en un seul mot. « Donne-le-moi » se dit d'une seule pièce, ce qui produit des formes un peu longues au début.
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