Chez nous, parler de la pluie meuble la conversation. Au Maroc, la pluie décide de l'année — et cela s'entend dans la façon d'en parler.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l'application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s'écoutent en ligne, et non sur ce site.
Sur les transcriptions. Le darija marocain n'a pas d'orthographe officielle : les formes écrites ici sont des approximations, et la prononciation varie de Tanger à Marrakech. Voir la prononciation.
Le Maroc réunit sur un même territoire une côte atlantique fraîche et brumeuse, une Méditerranée au nord, des montagnes enneigées plusieurs mois par an, des plaines intérieures écrasées de chaleur l'été, et le désert au sud.
Le vocabulaire suit cette diversité. Telj, la neige, n'a rien de théorique dans l'Atlas ou le Rif. Chergui désigne le vent continental brûlant qui remonte de l'intérieur et écrase les villes pendant plusieurs jours — un mot qu'aucun francophone ne peut deviner, et qu'on entend chaque été.
Les mots de base : chta la pluie, chems le soleil, rih le vent, berd le froid, skhana la chaleur, dbab le brouillard. Les saisons suivent le fonds arabe : sif, chetwa, rbi3, khrif.
Voici ce qu'un visiteur français ne saisit pas immédiatement. Une part importante de l'économie marocaine dépend de l'agriculture, et l'agriculture dépend de pluies qui tombent — ou pas — entre l'automne et le printemps.
Une bonne année de pluie et une année de sécheresse ne produisent pas le même pays. Cela se traduit dans la langue par une charge affective que notre « quel temps de chien » n'a pas : la pluie se commente avec soulagement, se souhaite, s'accompagne de formules.
Le mot chta désigne d'ailleurs à la fois la pluie et la saison des pluies, c'est-à-dire l'hiver. Les deux notions n'en font qu'une, ce qui en dit long sur la façon dont l'année est découpée.
Le Maroc en emploie trois simultanément : le calendrier grégorien pour la vie administrative, le calendrier lunaire pour les fêtes religieuses, et un calendrier agricole traditionnel pour les travaux des champs et les repères saisonniers.
Ce dernier, d'origine ancienne, sert encore à situer les périodes de froid, de chaleur ou de semailles. Il explique pourquoi certaines expressions de temps ne correspondent à aucun mois du calendrier que vous connaissez.
Pour dire qu'il fait chaud ou froid, le marocain n'a pas de verbe impersonnel comme notre « il fait ». Il construit la phrase autrement, souvent sans verbe du tout — encore un cas de phrase nominale.
Et pour dire qu'on a chaud ou froid, on retrouve la tournure avec préposition qui remplace « avoir ». Ces deux constructions sont exactement celles qui font trébucher un francophone : la météo est donc un excellent terrain d'entraînement, avec peu de mots et des structures qui resservent partout.
Enfin, les repères temporels — aujourd'hui, hier, demain, la semaine, le mois — jouent en marocain un rôle bien plus lourd qu'en français, puisqu'ils compensent l'absence de temps verbaux. Un repère posé en tête de phrase vaut pour tout ce qui suit, sans qu'aucun verbe ne change. Voir les adverbes.
Une porte d'entrée dans la conversation. Commenter le temps qu'il fait est le moyen le plus simple de passer de la salutation à l'échange, avec n'importe qui. Notre cours de darija marocain l'introduit dans des dialogues réels, en leçons audio de quatorze minutes.
Quarante-deux pages qui se répondent — la mécanique de la langue d'un côté, le vocabulaire par thème de l'autre. À parcourir dans l'ordre, ou au gré de vos questions.
Lire cette page ne vous fera pas parler — écouter, si. Quatorze minutes par jour, vous répétez à voix haute ce que vous entendez, et la langue s'installe. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire.
Le vent continental brûlant qui remonte de l'intérieur du pays et écrase les villes pendant plusieurs jours. Un mot qu'aucun francophone ne peut deviner, et qu'on entend chaque été.
Parce qu'une part importante de l'économie dépend de l'agriculture, et l'agriculture de pluies qui tombent ou non. La pluie se commente avec soulagement, se souhaite, s'accompagne de formules.
Trois : le grégorien pour la vie administrative, le lunaire pour les fêtes religieuses, et un calendrier agricole traditionnel pour les travaux des champs et les repères saisonniers.
Pas avec un verbe impersonnel comme le français « il fait ». La phrase se construit autrement, souvent sans verbe. Et pour dire qu'on a froid, on emploie la tournure avec préposition qui remplace « avoir ».
Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l'une de l'autre, et les leçons s'écoutent en ligne.
Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Ne donne pas accès aux applications mobiles.
Accéder à la plateforme →