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Leçon #1 Gratuite
J’écoute ma première leçon de darija algérien La première des 75 leçons, en entier, quatorze minutes. Sans compte à créer et sans carte bancaire.

Vous écoutez et vous répétez à voix haute ce que vous entendez : les 75 leçons se déroulent toutes de cette façon.

  • 75 leçons audio
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  • 14 min par leçon

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Leçon 23 — Ensemble, et d’où venez-vous ?

À la fin de cette leçon, vous saurez demander à quelqu’un d’où il vient et répondre à votre tour : Enta mnin? Ana men Wahran. Vous saurez aussi dire un métier en deux mots, Ana tbib, et parler de ce que « vous » faites ensemble : Entouma tekhedmou mʿa baʿdakoum.

Le cours de darija algérien se suit dans l’application LIMBA : des leçons audio de 14 minutes, suivies d’exercices écrits, sur iPhone, iPad et Android. L’application est gratuite, et les deux premières leçons aussi. La leçon 1 s’écoute également plus haut sur cette page, en entier.

Leçon 23 sur 250 · Unité 3 · Il, elle : goûts, prénoms, premiers pas au passé

Écoutez cette leçon dans l’application LIMBA. Cette page est la version écrite de la leçon audio 23 du cours de darija algérien : dans l’application, 14 minutes pour l’entendre, la répéter et la retenir. Les deux premières leçons sont gratuites.

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Dans cette leçon, vous parlez à plusieurs personnes de ce qu’elles font ensemble, puis vous présentez un métier et vous demandez à chacun d’où il vient. Vous saurez :

Avant de commencer. Revoyez howa et hiya dans la leçon 22, men et tbib dans la leçon 19, et mʿa baʿdana dans la leçon 11 : tout part de là.

Durée. 20 minutes environ, exercices compris.

La scène

Samedi, en fin de matinée, au café de langues de Lyon. Yanis a lancé un appel vidéo vers Montréal, où il est encore très tôt : Sarah et Karim apparaissent à l’écran, côte à côte. Lina, curieuse, prend le téléphone. Pendant la conversation, un nouvel élève s’assoit à la table et se présente. Lisez à voix haute : le son kh revient plusieurs fois.

Voir la traduction

— Bonjour, Sarah ! Bonjour, Karim ! Comment allez-vous ? Vous travaillez ensemble ? — Ça va, Dieu merci. Oui, nous travaillons ensemble. Et nous mangeons ensemble chaque jour ! — Vous mangez ensemble chaque jour ? Très bien ! — Oui. Et moi, je suis professeure. — Elle est professeure. Et elle cuisine très bien ! — Bonjour. Je suis médecin. Je suis d’Oran. — D’Oran ? Et moi, je suis d’Oran ! Et toi, Yanis, d’où viens-tu ? Et toi, Sarah, d’où viens-tu ? — Je suis de la capitale. Mais je vis à Lyon. — Nous sommes du Canada, mes parents et moi. Et Karim, il est d’Alger. Et vous, vous vivez en France ? — Oui, nous vivons en France, à Lyon. Au revoir !

Yanis est né à Lyon, mais sa famille est d’Alger : quand on lui demande d’où il vient, c’est la capitale qu’il nomme. Lina, elle, a trouvé un voisin de table né dans la même ville qu’elle.

Étape 1 · Vous, à plusieurs : t- devant, -ou derrière

Vous connaissez déjà tahdrou, taʿichou et taklou. La règle est toujours la même : pour « vous », à plusieurs personnes, le verbe prend t- au début, comme pour « tu », et -ou à la fin, comme pour « nous ». Mettez les deux formes côte à côte : seule la première lettre change.

Nous et vous : la même fin, une lettre de différence
Nous (hna)Vous (entouma)PrononciationFrançais
nekhedmoutekhedmoutekhedmou (kh = jota)nous travaillons / vous travaillez
ntayybouttayyboutṭayybou (tt appuyé, ṭ sombre)nous cuisinons / vous cuisinez
nakloutakloutaklounous mangeons / vous mangez
naʿichoutaʿichoutaʿichou (ʿ serré)nous vivons / vous vivez
nahdroutahdroutahdrounous parlons / vous parlez

Dans ttayybou, le double tt s’entend : le t- de « vous » se colle au t du verbe, comme dans ttayyeb, « tu cuisines », à la leçon 17.

À vous

Cinq questions : choisissez la forme du verbe qui va avec entouma, puis le sens.

  1. Entouma ___ mʿa baʿdakoum. (Vous travaillez ensemble.)
  2. « Vous cuisinez » se dit ___.
  3. Entouma taklou mʿa baʿdakoum koul youm veut dire ___.
  4. Entre nekhedmou et tekhedmou, ce qui change, c’est ___.
  5. Entouma ___ fi Fransa? (Vous vivez en France ?)

Étape 2 · Ensemble, selon la personne : mʿa baʿdana, mʿa baʿdakoum

Depuis la leçon 11, vous dites hna nekhedmou mʿa baʿdana, nous travaillons ensemble. Regardez la fin de baʿdana : -na, c’est « nous ». Quand vous parlez à plusieurs personnes, cette fin devient -koum, « vous » : mʿa baʿdakoum. Vous connaissez déjà cette terminaison : mʿakoum, avec vous, et rakoum, vous êtes.

Ensemble : la fin suit la personne
DarijaPrononciationFrançais
mʿa baʿdanamʿa baʿḍana (ʿ serré, ḍ sombre)ensemble (nous)
mʿa baʿdakoummʿa baʿḍakoum (ʿ serré, ḍ sombre)ensemble (vous, à plusieurs)
mʿakoummʿakoum (ʿ serré)avec vous
rakoumrakoumvous êtes, vous voilà

Le verbe et « ensemble » vont donc par deux : hna n-…-ou mʿa baʿdana, entouma t-…-ou mʿa baʿdakoum. À part le pronom, seuls le début du verbe et la fin de « ensemble » changent.

À vous

Quatre questions : complétez avec la bonne forme de « ensemble », puis dites ce que marque la fin du mot.

  1. Entouma taklou ___ koul youm. (Vous mangez ensemble chaque jour.)
  2. Hna nekhedmou ___. (Nous travaillons ensemble.)
  3. La fin -koum de baʿdakoum se retrouve dans ___.
  4. « Nous apprenons ensemble » se dit ___.

Étape 3 · Le métier, sans verbe « être » : Ana tbib

Pour dire un métier, le darija met le pronom, puis le métier, et c’est tout : ni verbe « être », ni article. Ana tbib, je suis médecin ; Hiya cheikha, elle est professeure. Vous l’avez déjà fait sans le savoir avec Ana dziri et Hada rajli. Pour la négation, c’est machi, de la leçon 13 : Ana machi tbib, je ne suis pas médecin.

Au féminin, le métier prend un -a à la fin : cheikh devient cheikha. C’est le même -a que dans rayeh / rayeha et dziri / dziriya.

Dire un métier : pronom + métier
DarijaPrononciationFrançais
Ana tbib.ana ṭbib (ṭ sombre)Je suis médecin.
Howa tbib.howa ṭbib (ṭ sombre)Il est médecin.
Hiya cheikha.hiya cheikha (kh = jota)Elle est professeure.
Enta cheikh?enta cheikh (kh = jota)Tu es professeur ? (à un homme)
Ana machi tbib, ana étudiant.ana machi ṭbib, ana étudiantJe ne suis pas médecin, je suis étudiant.

Attention à l’article : ech-cheikh, c’est « le professeur », une personne précise (Hada ech-cheikh taʿ el-ʿarbiya, voici le professeur d’arabe). Pour dire son métier, on laisse tomber l’article : Howa cheikh, il est professeur.

À vous

Cinq questions : dites un métier, au masculin ou au féminin, puis traduisez.

  1. « Je suis médecin » se dit ___.
  2. Hiya ___. (Elle est professeure.)
  3. Howa tbib veut dire ___.
  4. Ana ___ cheikha, ana étudiante. (Je ne suis pas professeure, je suis étudiante.)
  5. Le -a final de cheikha joue le même rôle que dans ___.

Étape 4 · D’où ? : mnin? et la réponse avec men

Pour demander d’où quelqu’un vient, un seul mot suffit après le pronom : mnin, « d’où ? ». Enta mnin? à un homme, Enti mnin? à une femme. La réponse reprend men, « de », vu à la leçon 19, suivi de la ville ou du pays : Ana men Wahran, je suis d’Oran. Là encore, aucun verbe « être ».

Demander et dire d’où l’on vient
DarijaPrononciationFrançais
Enta mnin?enta mninD’où viens-tu ? (à un homme)
Enti mnin?enti mninD’où viens-tu ? (à une femme)
Ana men Wahran.ana men Wahran (r roulé)Je suis d’Oran.
Ana men el-ʿasima.ana men el-ʿaṣima (ʿ serré, ṣ sombre)Je suis de la capitale.
Hna men Canada.ḥna men Canada (ḥ soufflé)Nous sommes du Canada.
Howa men Dzayer.howa men DzayerIl est d’Alger.

Ne confondez pas l’origine et le lieu de vie : men dit d’où l’on vient, fi dit où l’on habite. Yanis résume les deux en une phrase : Ana men el-ʿasima, bessah naʿich fi Lyon.

À vous

Cinq questions : posez la question, puis choisissez la réponse qui convient.

  1. Pour demander à Sarah d’où elle vient, vous dites ___.
  2. On demande à Lina : Enti mnin? Elle répond ___.
  3. « Nous sommes du Canada » se dit ___.
  4. Le mot qui veut dire « d’où ? » est ___.
  5. Ana men el-ʿasima, bessah naʿich fi Lyon veut dire ___.

Prononciation · kh, la jota

Le son kh, c’est la jota espagnole : un frottement au fond de la gorge. Le piège, pour un francophone, est de lire deux lettres et de prononcer « k » puis « h ». Non : kh est une seule consonne. Dans tekhedmou, vous enchaînez te, le frottement, puis edmou. Dans cheikha, le kh vient juste avant le -a du féminin.

À vous

Quatre questions : repérez le son kh et la façon de le dire.

  1. Le son kh de tekhedmou, c’est ___.
  2. Le mot de la leçon qui contient le son kh est ___.
  3. Dans ech-cheikh, le son kh se trouve ___.
  4. Dans sbah el-khir, le h de sbah et le kh de khir sont ___.

Le saviez-vous ?

Wahran, c’est Oran, la ville de Lina : la deuxième ville d’Algérie, sur la côte ouest du pays. Le français a gardé la forme « Oran », mais en darija, vous entendrez surtout Wahran, avec le w de « watt » et le r roulé. Et quand quelqu’un vous dit Ana men el-ʿasima, « je suis de la capitale », inutile de demander de quelle capitale il parle : pour un Algérien, el-ʿasima, c’est Alger, et tout le monde comprend. Yanis, dont la famille est d’Alger, le dit ainsi dans la scène.

Vocabulaire de la leçon

Les six mots nouveaux de la leçon 23
DarijaPrononciationFrançaisRemarque
tekhedmoutekhedmou (kh = jota)vous travaillezVerbe ; t- devant, -ou derrière. Dans le PDF de la leçon audio : takhedmou.
ttayyboutṭayybou (tt appuyé, ṭ sombre)vous cuisinezVerbe ; le tt s’entend. Dans le PDF de la leçon audio : ttayyebou.
mʿa baʿdakoummʿa baʿḍakoum (ʿ serré, ḍ sombre)ensemble (vous, à plusieurs)Expression ; la fin -koum veut dire « vous ». Dans le PDF de la leçon audio : ma’a ba’adakoum.
cheikhacheikha (kh = jota)professeureNom ; féminin de cheikh, avec le -a final.
mninmnind’où ?Mot de question, après le pronom : Enta mnin?
WahranWahran (r roulé)OranNom propre, avec majuscule. Dans le PDF de la leçon audio : Ouahren.

Votre mission

Avant la leçon suivante, demandez à quelqu’un de votre entourage, pour de vrai, d’où il vient : Enta mnin? à un homme, Enti mnin? à une femme. Puis répondez à votre tour avec men et le nom de votre ville ou de votre pays, par exemple Ana men Lyon. — Je suis de Lyon. Si c’est la famille d’Alger qui vous a transmis le darija, essayez la formule de Yanis : Ana men el-ʿasima. — Je suis de la capitale.

Bilan de la leçon

Toute la leçon

Dix questions qui mélangent toute la leçon, la scène et le son du jour.

  1. « Vous travaillez ensemble » se dit ___.
  2. Hna ___ fi Fransa. (Nous vivons en France.)
  3. Dans la scène, Ana tbib. Ana men Wahran est dit par ___.
  4. Hiya cheikha veut dire ___.
  5. Enta mnin? s’adresse à ___.
  6. Entouma ___ kousksi b djaj koul youm? (Vous cuisinez un couscous au poulet chaque jour ?)
  7. Quand Yanis dit Ana men el-ʿasima, il parle de ___.
  8. Dans la scène, Sarah répond à Enti mnin? par ___.
  9. « Je ne suis pas professeur, je suis médecin » se dit ___.
  10. Les deux mots qui contiennent le son kh, la jota, sont ___.

Pour aller plus loin

Quatre pages de référence prolongent cette leçon : la phrase sans verbe, qui explique pourquoi Ana tbib se passe de « être » ; les questions, qui réunissent wach et les autres mots de question ; les métiers, pour dire le vôtre ; et les pronoms, qui reprennent entouma (écrit ntouma sur cette page) et expliquent les suffixes dont font partie -na et -koum. Le sommaire du cours écrit rassemble toutes les leçons, et le cours audio vous fait entendre chaque phrase de cette page.

La leçon suivante poursuit l’unité avec de nouvelles façons de parler de quelqu’un d’autre et de ce qu’il aime.

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Le darija, l’arabe parlé en Algérie

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La leçon 1 est aussi en haut de cette page, gratuite et en entier : je l’écoute ici, sans compte à créer.

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Questions fréquentes

Comment dit-on « d’où viens-tu ? » en darija algérien ?

Enta mnin? à un homme, Enti mnin? à une femme : le pronom, puis mnin, « d’où ? », sans verbe. On répond avec men et le nom de la ville ou du pays : Ana men Wahran, je suis d’Oran ; Hna men Canada, nous sommes du Canada.

Pourquoi n’y a-t-il pas de verbe « être » dans ana tbib ?

Au présent, le darija n’emploie pas de verbe « être » pour dire ce que l’on est : le pronom et le métier suffisent. Ana tbib, je suis médecin ; Hiya cheikha, elle est professeure. Pour la négation, on met machi devant le nom : Ana machi tbib.

Quelle différence entre mʿa baʿdana et mʿa baʿdakoum ?

Les deux veulent dire « ensemble », mais la fin du mot suit la personne : -na pour « nous », -koum pour « vous ». Hna nekhedmou mʿa baʿdana, nous travaillons ensemble ; Entouma tekhedmou mʿa baʿdakoum, vous travaillez ensemble.

Comment se prononce le kh de tekhedmou ?

Comme la jota espagnole : un frottement au fond de la gorge. C’est une seule consonne, et non un « k » suivi d’un « h ». Vous le retrouvez dans cheikha, ech-cheikh, khedma et sbah el-khir.

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