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Cours de langues›Le suffixe -ki

Le suffixe -ki : « celui de », en deux lettres

Deux lettres collées à un mot déjà suffixé, et vous obtenez « celui qui est sur la table » ou « le mien ». C’est le suffixe le plus rentable du turc, et le seul qui ne change jamais de forme.

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Ce que fait ce suffixe

-ki ne s’accroche pas à une racine nue. Il s’accroche à un mot déjà suffixé — au cas de lieu ou au génitif — et transforme ce groupe en un mot qui peut soit qualifier un nom, soit tenir tout seul la place d’un nom.

Deux exemples suffisent à voir le mécanisme. Masada, sur la table, devient masadaki, « celui qui est sur la table » : Masadaki kitap benim, le livre qui est sur la table est à moi. Et benim, à moi, devient benimki, le mien : Benimki daha eski, le mien est plus vieux.

Le rendement est considérable pour un apprenant : deux lettres remplacent une relative française entière. C’est la raison pour laquelle -ki s’entend à toutes les phrases, bien avant d’apparaître dans un manuel.

Attention, le turc a trois ki différents. Celui de cette page est un suffixe, collé au mot. La conjonction ki, empruntée au persan, s’écrit séparément et introduit une proposition — voir les conjonctions empruntées. Et le ki posé en fin de phrase marque l’insistance ou la protestation — voir les particules de et bile.

Les deux bases, et une troisième entrée

Tout se joue sur le suffixe qui précède -ki. Selon qu’il s’agit d’un locatif ou d’un génitif, le résultat ne fait pas le même travail dans la phrase.

Sur un locatif : ce qui se trouve à tel endroit

Le cas de lieu se présente sous quatre formes — -da, -de, -ta, -te — et -ki vient après, sans rien changer : masada → masadaki, evde → evdeki, kitapta → kitaptaki, sokakta → sokaktaki. Sur un nom propre, l’apostrophe reste : Türkiye’deki. La valeur du cas lui-même est traitée par datif, locatif, ablatif.

Le piège est net, et il coûte cher : un locatif seul ne peut pas qualifier un nom. Masada kitap ne signifie pas « le livre sur la table » ; il faut masadaki kitap. Là où le français accroche simplement un complément derrière le nom, le turc exige ce suffixe pour que le groupe passe devant.

Sur un génitif : le mien, le tien, celui d’Ali

Le génitif prend huit formes selon le mot — -ın, -in, -un, -ün, et -nın, -nin, -nun, -nün après une voyelle ; voir le génitif et la possession. Ajoutez -ki et vous obtenez nos pronoms possessifs : benimki, seninki, onunki, bizimki, sizinki, onlarınki.

Le procédé marche sur n’importe quel possesseur, pas seulement sur les pronoms : Ali’ninki, celui d’Ali ; anneminki, celui de ma mère ; kiminki, celui de qui. Hangi araba? Ali’ninki — et le nom reste sous-entendu, exactement comme en français avec « le sien ».

Sur les mots de temps, directement

Troisième entrée, souvent oubliée : sur un mot de temps, -ki se colle sans passer par un cas. Dünkü gazete, le journal d’hier ; bugünkü ders, le cours d’aujourd’hui ; yarınki toplantı, la réunion de demain. De même şimdiki, sonraki, önceki, o zamanki.

C’est ici qu’apparaissent les seules formes arrondies du suffixe, sur une poignée de mots : dünkü, bugünkü, öbürkü. Ailleurs, la forme reste -ki.

Trois traits de forme à retenir

Une fois le mécanisme compris, il ne reste que trois choses à savoir, et elles règlent toutes les fautes d’écriture que commettent les débutants.

1

Il ne s’harmonise pas

On écrit yarınki et non pas une forme en -kı, malgré la voyelle postérieure de yarın. Contre-exemple utile à l’harmonie vocalique.

2

Tout ce qui suit est antérieur

Puisque la chaîne s’harmonise sur le suffixe précédent, après -ki le pluriel est toujours -ler : benimkiler, masadakiler, jamais l’autre forme.

3

Il se comporte ensuite comme un nom

Il accepte les cas, avec un -n- de liaison : masadakini, benimkinden, evdekine.

Reste une question de style, qui sépare un débutant d’un locuteur à l’aise. Masadaki kitap et masada duran kitap désignent le même livre, mais le second construit un participe et nomme la position ; le premier se contente de localiser, en trois syllabes de moins. Quand la relation est une simple localisation ou une simple appartenance, le turc ne construit pas de participe : il colle -ki. Pour le cas général, voir les relatives et les participes.

Pourquoi celui-là s’installe vite à l’oreille. -ki n’a qu’une forme, il tombe toujours à la même place dans la chaîne, et il revient à toutes les phrases : c’est typiquement le suffixe qu’on produit sans y penser après quelques heures d’écoute. Notre cours de turc est entièrement audio, en leçons de quatorze minutes.

Exercices : le suffixe -ki et ses deux bases

Chaque question porte sur le suffixe -ki tel qu’il est décrit ci-dessus. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Le suffixe -ki s’accroche à un mot ___.
  2. Masadaki kitap signifie ___.
  3. Benimki signifie ___.
  4. Ce suffixe suit-il l’harmonie vocalique ? ___
  5. Sur yarın, demain, on écrit ___.
  6. Les formes dünkü et bugünkü concernent ___.
  7. Les quatre formes du cas de lieu sont ___.
  8. Masada kitap ne signifie pas « le livre sur la table » parce que ___.
  9. Le pluriel de benimki est ___.
  10. Après ce suffixe, le pluriel est ___.
  11. Devant un suffixe de cas, il apparaît ___.
  12. Ali’ninki signifie ___.
  13. Masadaki kitap et masada duran kitap ___.
  14. Employé sans nom qui le suive, un mot en -ki ___.
  15. Dans Biliyorum ki…, ce ki est ___.
  16. Dans Ben bilmiyorum ki, ce ki est ___.
  17. Avec şimdi, sonra et önce, le suffixe s’accroche ___.
  18. Seninki, onunki et bizimki sont bâtis sur ___.

Toute la grammaire turque, chapitre par chapitre

Cinquante-neuf pages qui se répondent — de l’harmonie vocalique à l’ordre des suffixes du verbe, des six cas au discours rapporté, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue où tout se colle au bout du mot, dans un ordre qui ne varie jamais.

Passez à la pratique

Apprenez à parler le turc

Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe ; après les leçons, des exercices écrits fixent ce que vous avez entendu.

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Le cours de turc →

Questions fréquentes

À quoi sert le suffixe -ki en turc ?

À transformer un mot déjà suffixé — au cas de lieu ou au génitif — en un mot qui qualifie un nom ou qui tient tout seul sa place. Masada devient masadaki, celui qui est sur la table ; benim devient benimki, le mien.

Pourquoi ne dit-on pas « masada kitap » pour « le livre sur la table » ?

Parce qu’un locatif seul ne peut pas qualifier un nom. Il faut masadaki kitap : le suffixe est ce qui autorise le groupe à passer devant le nom, là où le français se contente d’un complément placé après.

Le suffixe -ki suit-il l’harmonie vocalique ?

Non, et c’est l’un des rares suffixes dans ce cas : on écrit yarınki, masadaki, kitaptaki, sans variante en voyelle postérieure. Seuls quelques mots de temps donnent une forme arrondie : dünkü, bugünkü, öbürkü.

Comment dit-on « le mien », « le tien », « celui d’Ali » ?

Avec le génitif suivi de ce suffixe : benimki, seninki, onunki, bizimki, sizinki, onlarınki, et sur un nom quelconque Ali’ninki ou anneminki.

Peut-on mettre ces formes au pluriel ou à un cas ?

Oui, elles se comportent ensuite comme des noms. Le pluriel est toujours -ler, puisque la chaîne s’harmonise sur le suffixe précédent : benimkiler, masadakiler. Devant un cas, un -n- de liaison apparaît : masadakini, benimkinden.

Faut-il le confondre avec la conjonction ki ?

Non. Le suffixe est collé au mot ; la conjonction empruntée au persan s’écrit séparément et introduit une proposition ; et un troisième ki, en fin de phrase, marque l’insistance. Trois éléments distincts, traités chacun sur sa page.

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