
Apprenez le russe avec l’application LIMBA
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Pas d’article défini, pas d’article indéfini, pas de partitif. Le nom russe se présente nu. Ce que portaient « le » et « un », d’autres moyens le portent — encore faut-il savoir lesquels.
Le cours de russe se suit dans l’application LIMBA : des leçons audio de 14 minutes, suivies d’exercices écrits, sur iPhone, iPad et Android. L’application est gratuite, et les deux premières leçons aussi. La leçon 1 s’écoute également plus haut sur cette page, en entier.
Le russe ne possède aucun article. Le nom apparaît seul, et c’est cette forme nue qui figure au dictionnaire.
Ce n’est pas une ellipse, ni un article sous-entendu qu’il faudrait rétablir mentalement. La catégorie n’existe pas. Rien ne manque dans книга kníga : c’est le français qui, lui, ne sait pas nommer une chose sans décider d’abord si elle est connue ou non.
Le phénomène n’a rien de slave en soi. Le bulgare et le macédonien, langues slaves elles aussi, ont un article défini bien vivant. Le russe, lui, n’en a jamais développé dans sa forme standard — seuls certains parlers du Nord ont tiré du démonstratif une particule postposée, dont le statut d’article reste discuté et qui n’appartient pas à la langue commune.
La conséquence est immédiate à la lecture : la phrase russe se passe des mots que le français est obligé d’écrire.
La version française y ajoute six déterminants et trois formes du verbe « être » ; l’original n’en contient aucun. L’absence de copule au présent est un autre trait du russe, traité dans la phrase sans « être » ; retenez pour l’instant que la phrase russe est courte parce que chaque mot qui reste travaille davantage.
Un article français n’indique pas seulement « connu » ou « inconnu ». Il transporte au moins cinq informations d’un coup, et c’est pour cela que son absence déroute. En russe, ces informations ne disparaissent pas : elles se répartissent ailleurs, le plus souvent sur la terminaison du nom.
| Information | En français | En russe |
|---|---|---|
| Le genre | le / la | la terminaison du nom, et l’accord de l’adjectif |
| Le nombre | le / les | la désinence du nom |
| La fonction dans la phrase | la préposition soudée à l’article : au, du, des | le cas |
| Défini ou indéfini | le / un | le contexte, la place du mot, un démonstratif |
| La quantité indéterminée | du, de la, des | le cas : génitif contre accusatif |
Les trois premières lignes sont l’affaire de la désinence, des six cas et du genre du nom. Les deux dernières sont le vrai sujet de cette page.
La définitude n’est pas inexprimable en russe. Elle n’est simplement pas obligatoire. Un Russe ne la marque que lorsqu’elle compte, et il dispose pour cela de cinq moyens.
C’est le moyen ordinaire, et il ne se voit pas. Si vous avez déjà parlé du livre, tout le monde sait de quel livre il s’agit. Aucun mot ne le signale.
Le russe déplace ses mots là où le français change d’article : ce qui est connu passe devant, ce qui est nouveau va vers la fin.
C’est une tendance forte, pas une règle mécanique : l’intonation peut la contredire. La page consacrée à l’ordre des mots la démontre en détail, et nous n’en disons pas plus ici.
Là où le français dirait « le » avec insistance, le russe emploie souvent un démonstratif. Il s’accorde en genre et en nombre avec le nom.
| Proche : « ce…-ci » | Lointain : « ce…-là » | |
|---|---|---|
| Masculin | этот ètot | тот tot |
| Féminin | эта èta | та ta |
| Neutre | это èto | то to |
| Pluriel | эти èti | те tie |
Le numéral « un » sert aussi, dans le récit, à présenter une personne ou une chose dont on parle pour la première fois. C’est l’équivalent le plus proche de notre article indéfini, mais il reste facultatif, et il ajoute le plus souvent une nuance de « un certain ».
| Genre | Forme | Exemple |
|---|---|---|
| Masculin | один odín | один друг odín droug — un ami |
| Féminin | одна odná | одна девушка odná diévouchka — une jeune fille |
| Neutre | одно odnó | одно окно odnó oknó — une fenêtre |
| Pluriel | одни odní | одни книги odní knígui — rien que des livres |
Attention à la dernière ligne : одни odní n’est pas le pluriel d’un article. Il signifie « seuls », « rien que ceux-là ». L’employer pour traduire « des » produit un contresens.
Le mot n’a d’ailleurs pas perdu sa valeur de nombre : selon la phrase, il se lit « un certain » ou « un seul », et c’est encore le contexte qui tranche. Voilà pourquoi ce n’est pas un article.
Notre partitif — « du pain », « de l’eau » — n’a pas d’équivalent lexical. Le russe change la terminaison du nom.
La première phrase est à l’accusatif, la deuxième au génitif — un génitif partitif qui reste facultatif, car l’accusatif se dit aussi bien. La troisième est au génitif elle aussi, mais imposé, cette fois, par la négation : voir le génitif de négation. Nous ne développons ici ni l’un ni l’autre.
Ne cherchez pas de mot pour « du », « de la », « des ». Il n’y en a pas. Le français aligne un déterminant devant chaque nom ; le russe n’en met aucun.
это n’est pas un article. C’est l’erreur la plus fréquente, parce que le mot ressemble à un déterminant et se place devant le nom. En réalité deux mots différents se cachent sous la même graphie : un présentatif invariable, qui signifie « c’est », et le démonstratif neutre du tableau ci-dessus, qui s’accorde.
N’abusez ni de этот ni de один. C’est le travers du francophone qui vient de comprendre la règle : il colle un démonstratif devant chaque nom pour rendre le « le » français. Le résultat est lourd, et souvent faux — этот désigne, il ne détermine pas.
L’aspect du verbe pèse lui aussi sur la lecture. Un verbe qui présente l’action comme menée à son terme rend volontiers son complément défini, là où l’autre le laisse ouvert. Le dossier de l’aspect verbal traite la question ; nous nous contentons de la signaler.
Le gain est réel et il se mesure au vocabulaire. Un apprenant d’allemand mémorise der Tisch, die Lampe, das Buch : chaque nom s’apprend avec son article, soit deux mots à retenir au lieu d’un. En russe, vous retenez le nom seul.
Le prix, lui, se paie ailleurs. Comme aucun article ne vous annonce le genre, c’est la terminaison du nom qui doit vous le dire, et il faut l’apprendre à lire — la plupart des noms se laissent classer sans peine, quelques-uns trompent. Voir les trois genres. Et comme aucun article ne porte la fonction, c’est la désinence qui la porte : le nom se décline à six cas. Voir les six cas et la mécanique des désinences.
Autrement dit, l’absence d’articles n’allège pas la grammaire russe. Elle déplace le travail du début du mot vers sa fin. C’est un bon résumé de ce dossier tout entier — et de nos autres dossiers de grammaire, où la même observation revient d’une langue à l’autre.
Le vrai obstacle n’est pas de comprendre la règle. Elle tient en une ligne. L’obstacle est de cesser de chercher l’article en écoutant, puis de cesser d’en placer un en parlant. Cela ne s’obtient pas par la lecture : cela s’obtient par l’oreille, sur des centaines de phrases entendues sans déterminant jusqu’à ce que l’absence devienne normale. C’est exactement ce que fait la méthode LIMBA, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes : commencez le cours de russe aujourd’hui dans l’application LIMBA, et écoutez-en une par jour — c’est à cette cadence que l’absence d’article cesse de vous arrêter.
Chaque phrase russe a un trou ; la traduction française dit ce qu’elle doit signifier. Touchez une réponse, puis Correction.
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Plus de cent cinquante pages qui se répondent — la mécanique de la langue, les verbes pris un à un, le vocabulaire par thème — avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.
Des leçons de 14 minutes, entièrement à l’oreille : j’écoute, je répète à voix haute, je parle ; après les leçons, des exercices écrits fixent ce que j’ai entendu. L’application est gratuite à télécharger sur iPhone, iPad et Android, et les deux premières leçons sont offertes.
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La leçon 1 est aussi en haut de cette page, gratuite et en entier : je l’écoute ici, sans compte à créer.
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On ne le dit pas : l’article défini n’existe pas. книга kníga signifie aussi bien « livre » que « le livre » ou « un livre », et c’est le contexte qui tranche.
Par le contexte d’abord, puis par la place du mot : Книга на столе se comprend « le livre est sur la table », На столе книга « il y a un livre sur la table ». Un démonstratif ou le numéral один peuvent préciser davantage.
Non. C’est soit un présentatif invariable qui signifie « c’est » — Это книга, « c’est un livre » — soit le démonstratif neutre, qui s’accorde alors avec son nom : эта книга, « ce livre-ci ».
Par le nom seul, et éventuellement par un changement de cas. Я купил хлеб vise le pain dans sa totalité, Я купил хлеба, au génitif, une quantité indéterminée.
Elle allège le vocabulaire : un mot à retenir au lieu d’un mot plus son article. Mais le genre et la fonction, que notre article signalait, passent sur la terminaison du nom, qui se décline à six cas. Le travail est déplacé, non supprimé.
Certains parlers du Nord emploient une particule postposée issue du démonstratif. Son statut d’article reste discuté parmi les linguistes, et elle n’appartient pas à la langue standard : vous ne la rencontrerez pas dans un cours.
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