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Le pluriel régulier du russe tient en deux désinences. Mais les mots les plus courants de la langue — la maison, l’ami, le frère, l’enfant, l’homme — ne les suivent pas.
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Il y a dans toute langue une petite zone où la règle s’arrête et où la mémoire prend le relais. En russe, cette zone est le pluriel du nom, et elle a ceci de pénible qu’elle touche justement les mots dont on se sert tous les jours. Vous n’échapperez donc pas à cette page : apprendre à dire « les frères », « les amis », « les enfants » et « les gens », c’est apprendre quatre pluriels dont aucun ne se devine.
Le pluriel ordinaire du russe est simple : -ы ou -и pour le masculin et le féminin, -а ou -я pour le neutre. Ce mécanisme est décrit sur la page du pluriel des noms, et nous ne le reprenons pas ici.
Attention à ne pas confondre deux choses. книга kníga fait книги knígui et non книгы : ce n’est pas une irrégularité, c’est la règle des sept lettres, qui interdit simplement ы après certaines consonnes. Le mot reste parfaitement régulier.
Les vrais irréguliers sont ailleurs. Ce sont des noms qui changent de désinence, de radical, parfois de mot entier. Ils se répartissent en cinq familles, auxquelles s’ajoutent quelques mots isolés. Mauvaise nouvelle : ces familles frappent le vocabulaire de base. On ne peut pas les repousser à plus tard, parce qu’on parle de la maison, de l’ami, du frère, du fils, de l’enfant, de l’œil et de la mère.
Un mot sur la méthode avant d’entrer dans le détail. Pour chaque mot irrégulier, trois formes suffisent à tout reconstruire : le nominatif singulier, le nominatif pluriel et le génitif pluriel. Les autres cas du pluriel se déduisent presque toujours du nominatif pluriel, en lui ajoutant les désinences ordinaires. C’est pourquoi nos tableaux donnent systématiquement ces trois colonnes, et pas davantage : apprenez-les ensemble, comme on apprend un verbe avec son participe.
Une série de noms masculins remplace le -ы attendu par un -а — ou -я après consonne molle — et l’accent se déplace sur cette désinence. Le mot change donc de physionomie sonore d’un nombre à l’autre.
| Singulier | Pluriel | Génitif pluriel | Sens |
|---|---|---|---|
| дом dom | дома domá | домов domóv | la maison |
| город górod | города gorodá | городов gorodóv | la ville |
| лес lies | леса liessá | лесов liessóv | la forêt |
| голос gólos | голоса golossá | голосов golossóv | la voix |
| адрес ádries | адреса adriessá | адресов adriessóv | l’adresse |
| вечер viétcher | вечера vietcherá | вечеров vietcheróv | le soir |
| глаз glaz | глаза glazá | глаз glaz | l’œil |
| учитель outchítiel’ | учителя outchitieliá | учителей outchitieliéï | le professeur |
La liste continue avec паспорт pásport, qui fait паспорта pasportá, et avec остров óstrov → острова ostrová, номер nómier → номера nomierá, доктор dóktor → доктора doktorá, профессор profiéssor → профессора profiessorá, берег biérieg → берега bieriegá (la rive), поезд póiezd → поезда poiezdá (le train).
Cette liste s’apprend mot à mot. Elle n’est pas close : l’usage parlé l’étend régulièrement, surtout dans les noms de métier. Mais la norme écrite s’y oppose encore pour plusieurs mots. On dit et on écrit инженеры injeniéry (les ingénieurs) et договоры dogovóry (les contrats) ; инженера et договора s’entendent, mais relèvent du langage professionnel ou familier, non du russe soigné.
Le déplacement de l’accent qu’on observe ici n’est pas propre à cette famille ; il obéit à une mécanique plus large, exposée sur l’accent mobile du nom. Le paradigme complet de ces masculins, lui, est sur la déclinaison du masculin.
Voici la fin de cette liste, rangée cette fois avec le génitif pluriel, car c’est là que les débutants se font piéger. Retenez bien ceci : l’irrégularité ne concerne que le nominatif pluriel. Le génitif pluriel, lui, reste celui que le mot aurait eu de toute façon — -ов après une consonne dure, -ей après une consonne molle. On dit donc города au nominatif, mais много городов mnógo gorodóv au génitif, et non много города, qui ne veut rien dire.
| Singulier | Pluriel | Génitif pluriel | Sens |
|---|---|---|---|
| паспорт pásport | паспорта pasportá | паспортов pasportóv | le passeport |
| остров óstrov | острова ostrová | островов ostrovóv | l’île |
| номер nómier | номера nomierá | номеров nomieróv | le numéro, la chambre d’hôtel |
| доктор dóktor | доктора doktorá | докторов doktoróv | le médecin |
| профессор profiéssor | профессора profiessorá | профессоров profiessoróv | le professeur d’université |
| берег biérieg | берега bieriegá | берегов bieriegóv | la rive |
| поезд póiezd | поезда poiezdá | поездов poiezdóv | le train |
| мастер mástier | мастера mastierá | мастеров mastieróv | l’artisan, le spécialiste |
| повар póvar | повара povará | поваров povaróv | le cuisinier |
| сорт sort | сорта sortá | сортов sortóv | la sorte, la variété |
| край kraï | края kraiá | краёв kraïóv | la contrée, le bord |
Les deux dernières lignes demandent un mot d’explication. край se termine par une semi-voyelle, ce qui le ramène au modèle mou : son pluriel prend -я comme учителя, et son génitif pluriel краёв garde la trace de cette mollesse. Quant à глаз, rencontré dans le premier tableau, il fait exception dans l’exception : son génitif pluriel est глаз, sans aucune désinence, donc identique au nominatif singulier. У него голубые глаза Ou niegó goloubýie glazá, « il a les yeux bleus », mais я не вижу его глаз, « je ne vois pas ses yeux ».
Quelques mots possèdent les deux pluriels, et le choix change le sens. Ce n’est pas une variante de style : ce sont deux mots différents.
Le о de цветок disparaît au pluriel : c’est la voyelle mobile, qui joue dans des dizaines de mots.
Chaque phrase demande un nominatif pluriel. Retrouvez la forme juste, famille par famille. Touchez une réponse, puis Correction.
Un autre groupe de masculins, et quelques neutres, forment leur pluriel en -ья. Ce groupe se scinde en deux sous-ensembles, qu’il faut distinguer parce que leur génitif pluriel diffère.
| Singulier | Pluriel | Génitif pluriel | Sens |
|---|---|---|---|
| брат brat | братья brát’ia | братьев brát’iev | le frère |
| стул stoul | стулья stoúl’ia | стульев stoúl’iev | la chaise |
| лист list | листья líst’ia | листьев líst’iev | la feuille d’arbre |
| дерево diérievo | деревья dieriév’ia | деревьев dieriév’iev | l’arbre |
| перо pieró | перья piér’ia | перьев piér’iev | la plume |
| крыло kryló | крылья krýl’ia | крыльев krýl’iev | l’aile |
| друг droug | друзья drouz’iá | друзей drouziéï | l’ami |
| сын syn | сыновья synov’iá | сыновей synoviéï | le fils |
| муж mouj | мужья mouj’iá | мужей moujéï | le mari |
Premier sous-ensemble : au pluriel, l’accent porte sur le radical et le génitif pluriel est en -ьев. Ce sont les six premières lignes du tableau. Attention, « porter sur le radical » ne veut pas dire « ne pas bouger » : перо pieró et крыло kryló sont accentués sur la désinence au singulier et ramènent l’accent sur le radical au pluriel, tandis que дерево diérievo le déplace d’une syllabe du radical à l’autre.
Second sous-ensemble : l’accent tombe sur la désinence et le génitif pluriel est en -ей. Trois mots, mais trois mots quotidiens, et deux d’entre eux modifient encore leur radical : друг change son г en з, et сын insère une syllabe entière.
Le groupe est plus large que ces neuf mots. сук souk → сучья soútch’ia (la grosse branche) et колос kólos → колосья kolós’ia (l’épi) suivent le premier sous-ensemble ; князь kniaz’ → князья kniaz’iá (le prince) suit le second, avec un génitif pluriel князей kniaziéï.
Quatre mots de cette famille méritent d’être appris ensemble, parce qu’ils désignent des personnes et qu’ils reviennent dans toutes les conversations : le frère, le fils, le mari et l’ami. Ils ont en commun un pluriel en -ья et le fait d’être animés, ce qui entraîne une conséquence que les tableaux de nominatif ne montrent pas : à l’accusatif pluriel, ils prennent la forme du génitif. « J’aime mes frères » se dit donc avec братьев et non avec братья.
| Cas du pluriel | le frère | le fils | le mari | l’ami |
|---|---|---|---|---|
| nominatif | братья brát’ia | сыновья synov’iá | мужья mouj’iá | друзья drouz’iá |
| génitif et accusatif | братьев brát’iev | сыновей synoviéï | мужей moujéï | друзей drouziéï |
| datif | братьям brát’iam | сыновьям synov’iám | мужьям mouj’iám | друзьям drouz’iám |
| instrumental | братьями brát’iami | сыновьями synov’iámi | мужьями mouj’iámi | друзьями drouz’iámi |
| prépositionnel | братьях brát’iakh | сыновьях synov’iákh | мужьях mouj’iákh | друзьях drouz’iákh |
Lisez ce tableau en colonnes et vous verrez que l’irrégularité est toujours la même : une fois le nominatif pluriel obtenu, tout le reste se construit sur ce radical en -ь- avec les désinences molles ordinaires. Seule la deuxième ligne doit être apprise à part, puisque c’est elle qui sépare les deux sous-ensembles — -ьев pour братьев, -ей pour les trois autres.
Un mot sur муж. Ce nom a lui aussi deux pluriels, mais la répartition est affaire de sens, comme pour цвет plus haut : мужья désigne les maris, tandis que мужи moují appartient à la langue solennelle et vaut « les hommes » au sens noble du terme. Vous n’aurez à produire que le premier. Quant à сын, sa syllabe ajoutée vient d’un type de déclinaison ancien dont le russe moderne ne garde plus que quelques traces ; il n’y a rien d’autre à en faire que de l’apprendre telle quelle.
Nominatif ou génitif pluriel, selon ce que demande la phrase : toute cette série porte sur les mots en -ья. Touchez une réponse, puis Correction.
Les noms d’habitants, d’appartenances et de peuples se terminent souvent par -анин ou -янин au singulier. Au pluriel, le -ин final tombe : il reste le radical en -ан- ou -ян-, un -е au nominatif, et rien du tout au génitif pluriel. C’est le modèle des trois premières lignes du tableau ci-dessous ; les deux dernières s’en écartent, et nous y revenons juste après.
| Singulier | Pluriel | Génitif pluriel | Sens |
|---|---|---|---|
| гражданин grajdanín | граждане grájdanie | граждан grájdan | le citoyen |
| англичанин anglitchánin | англичане anglitchánie | англичан anglitchán | l’Anglais |
| крестьянин kriest’iánin | крестьяне kriest’iánie | крестьян kriest’ián | le paysan |
| хозяин khoziáin | хозяева khoziáieva | хозяев khoziáiev | le maître de maison |
| господин gospodín | господа gospodá | господ gospód | le monsieur |
Les deux dernières lignes sont des dissidents à l’intérieur même de la famille : хозяин prend un pluriel en -ева et господин un pluriel en -а accentué, avec un génitif pluriel qui recule l’accent d’une syllabe : господа gospodá, mais господ gospód. Elles s’apprennent séparément.
La famille est nombreuse, et très régulière une fois le modèle en tête : славянин slavianín → славяне slaviánie (le Slave), христианин khristianín → христиане khristiánie (le chrétien), мусульманин moussoul’manín → мусульмане moussoul’mánie (le musulman), южанин ioujánin → южане ioujánie (le méridional), армянин armianín → армяне armiánie (l’Arménien).
C’est le point qui coûte le plus cher dans cette famille, et il vaut un tableau à lui seul. Le génitif pluriel de ces noms n’a aucune désinence : on enlève le -е du nominatif pluriel et l’on s’arrête là. La forme obtenue paraît incomplète à un francophone, qui cherche toujours une terminaison, et elle est pourtant la bonne. Comme les mots de quantité et les nombres réclament précisément ce cas, vous la rencontrerez constamment : мало крестьян málo kriest’ián, « peu de paysans », пять англичан piat’ anglitchán, « cinq Anglais ». Le rapport entre les nombres et le génitif est exposé sur la page des numéraux et du génitif.
| Singulier | Pluriel | Génitif pluriel | Sens |
|---|---|---|---|
| славянин slavianín | славяне slaviánie | славян slavián | le Slave |
| христианин khristianín | христиане khristiánie | христиан khristián | le chrétien |
| мусульманин moussoul’manín | мусульмане moussoul’mánie | мусульман moussoul’mán | le musulman |
| армянин armianín | армяне armiánie | армян armián | l’Arménien |
| южанин ioujánin | южане ioujánie | южан iouján | le méridional |
| горожанин gorojánin | горожане gorojánie | горожан goroján | le citadin |
| римлянин rímlianin | римляне rímlianie | римлян rímlian | le Romain |
Les autres cas du pluriel, eux, ne posent aucun problème : ils reprennent le radical en -ан- et les désinences dures ordinaires, d’où гражданам grájdanam au datif, гражданами grájdanami à l’instrumental et о гражданах o grájdanakh au prépositionnel. Comme ces noms désignent des personnes, leur accusatif pluriel est identique au génitif, ce qui donne cette forme nue là où le français mettrait un complément d’objet bien visible : Я знаю этих крестьян Ia znáiou ètikh kriest’ián, « je connais ces paysans ». Le suffixe lui-même reste reconnaissable dans toutes ces formes, et c’est à lui qu’il faut se fier : dès que vous voyez -анин ou -янин au singulier, vous savez d’avance à quoi ressemblera le pluriel.
Le russe forme les noms de jeunes animaux avec un suffixe -ёнок — ou -онок après les consonnes chuintantes. Au pluriel, ce suffixe est remplacé par -ята / -ата, et le génitif pluriel n’a pas de désinence du tout.
| Singulier | Pluriel | Génitif pluriel | Sens |
|---|---|---|---|
| котёнок kotiónok | котята kotiáta | котят kotiát | le chaton |
| телёнок tieliónok | телята tieliáta | телят tieliát | le veau |
| цыплёнок tsypliónok | цыплята tsypliáta | цыплят tsypliát | le poussin |
| медвежонок miedviejónok | медвежата miedviejáta | медвежат miedvieját | l’ourson |
| ребёнок riebiónok | ребята riebiáta | ребят riebiát | l’enfant → les copains, les gars |
Le suffixe est très productif, et il s’applique à tous les petits d’animaux : утёнок outiónok → утята outiáta (le caneton), поросёнок porossiónok → поросята porossiáta (le porcelet), лисёнок lissiónok → лисята lissiáta (le renardeau), волчонок voltchónok → волчата voltcháta (le louveteau). Ce dernier s’écrit -онок et non -ёнок parce que ч est une chuintante, exactement comme медвежонок après ж.
La dernière ligne du tableau demande une explication. ребёнок signifie « l’enfant ». Sa forme en -ята existe bien, mais elle s’est détachée du sens d’origine : ребята désigne aujourd’hui un groupe de camarades, dans un registre familier et chaleureux. Pour dire « les enfants », le russe emploie un tout autre mot, que voici.
Avant de quitter cette famille, deux remarques de prononciation. La première concerne le singulier. Le о de -ёнок est une voyelle mobile : il disparaît dès que le mot reçoit une désinence, de sorte que котёнок fait котёнка kotiónka au génitif singulier et котёнку kotiónkou au datif. Vous entendrez donc trois syllabes au nominatif et trois seulement ailleurs, mais réparties autrement.
La seconde porte sur l’accent. Le ё du singulier est toujours accentué, puisque cette lettre ne s’écrit jamais ailleurs que sous l’accent. Au pluriel, le suffixe entier disparaît, ё compris, et c’est le -я- de -ята qui reçoit l’accent : comparez котёнок et котята. Le mot change donc deux fois, par sa forme et par sa musique, ce qui explique qu’à l’oreille le singulier et le pluriel semblent presque deux mots différents.
| Cas ou mot | Forme | Transcription | Emploi ou sens |
|---|---|---|---|
| nominatif pluriel | котята | kotiáta | les chatons, sujet de la phrase |
| génitif et accusatif | котят | kotiát | après un nombre ou un mot de quantité |
| datif pluriel | котятам | kotiátam | donner du lait aux chatons |
| instrumental pluriel | котятами | kotiátami | jouer avec les chatons |
| prépositionnel pluriel | котятах | kotiátakh | parler des chatons |
| ягнёнок iagniónok | ягнята | iagniáta | l’agneau, génitif pluriel ягнят |
| козлёнок kozliónok | козлята | kozliáta | le chevreau, génitif pluriel козлят |
Les noms d’habitants et les noms de petits d’animaux. Surveillez la place du -е et celle du -ята. Touchez une réponse, puis Correction.
Nous avons laissé deux mots en suspens dans la famille précédente, хозяин et господин. Les voici au complet, avec un troisième nom qui leur ressemble par son comportement : сосед sossiéd, le voisin. Ces trois mots désignent des personnes, reviennent sans cesse dans la conversation quotidienne, et chacun invente son propre pluriel.
| Cas du pluriel | le maître de maison | le monsieur | le voisin |
|---|---|---|---|
| nominatif | хозяева khoziáieva | господа gospodá | соседи sossiédi |
| génitif et accusatif | хозяев khoziáiev | господ gospód | соседей sossiédieï |
| datif | хозяевам khoziáievam | господам gospodám | соседям sossiédiam |
| instrumental | хозяевами khoziáievami | господами gospodámi | соседями sossiédiami |
| prépositionnel | хозяевах khoziáievakh | господах gospodákh | соседях sossiédiakh |
Chacun des trois a sa particularité. хозяин allonge son radical d’un -ев- et se décline ensuite comme un masculin dur ordinaire ; le mot désigne aussi bien le maître de maison que le patron ou le propriétaire, et son féminin хозяйка khoziáïka est, lui, parfaitement régulier. господин fournit le pluriel господа, qui s’est figé comme formule d’adresse : on n’interpelle pas une assemblée autrement que par Дамы и господа. Son génitif pluriel господ recule l’accent d’une syllabe, et c’est la seule forme de la série dont la musique surprenne.
сосед, enfin, offre un cas de figure qu’il vaut la peine de nommer : son singulier est dur et son pluriel est mou. On dit соседа sossiéda, соседу sossiédou, о соседе o sossiédie au singulier, avec des désinences dures, puis соседи, соседей, соседям au pluriel, avec des désinences molles. Le mot change donc de type de déclinaison en cours de route, ce qui explique l’erreur la plus répandue des débutants : соседы, qui n’existe pas. L’accent, en revanche, ne bouge jamais : il reste sur le -е- du radical dans tout le paradigme.
Restent les mots qui ne suivent aucune famille. Deux d’entre eux changent complètement de radical au pluriel : leur pluriel n’est pas dérivé du singulier, c’est un autre mot. Les autres sont des irrégularités d’un seul mot, qu’on retient par la fréquence.
| Singulier | Pluriel | Génitif pluriel | Sens |
|---|---|---|---|
| человек tcheloviék | люди lioúdi | людей lioudiéï | l’homme, la personne |
| ребёнок riebiónok | дети diéti | детей dietiéï | l’enfant |
| сосед sossiéd | соседи sossiédi | соседей sossiédieï | le voisin |
| ухо oúkho | уши oúchi | ушей ouchéï | l’oreille |
| небо niébo | небеса niebiessá | небес niebiés | le ciel |
| чудо tchoúdo | чудеса tchoudiessá | чудес tchoudiés | le prodige |
| яблоко iábloko | яблоки iábloki | яблок iáblok | la pomme |
| мать mat’ | матери mátieri | матерей matieriéï | la mère |
| дочь dotch’ | дочери dótcheri | дочерей dotcheriéï | la fille |
Quelques remarques sur ce tableau. сосед est un masculin dur au singulier qui devient mou au pluriel — d’où соседи et non соседы. ухо et яблоко sont des neutres qui refusent le -а de leur genre. небо et чудо allongent leur radical d’un -ес- au pluriel, vestige d’un type de déclinaison ancien. Le procédé se retrouve, avec un autre élément, chez les neutres en -мя, qui intercalent -ен- : имя ímia → имена imená (les noms), время vriémia → времена vriemená (les époques). Leur paradigme figure sur la déclinaison du neutre. мать et дочь, eux, intercalent -ер- partout sauf au nominatif et à l’accusatif singuliers : voir les féminins en signe mou.
люди et дети ajoutent une irrégularité de plus, à l’instrumental pluriel : ils y prennent -ьми et non -ями — людьми lioud’mí, детьми diet’mí. Les autres cas suivent le pluriel mou ordinaire.
Deux autres neutres méritent d’être ajoutés à la liste : плечо plietchó → плечи pliétchi (l’épaule) et колено koliéno → колени koliéni (le genou). Tous deux prennent un -и là où leur genre appelait un -а, et плечо ramène en outre l’accent sur le radical.
Dernier détail, mais il tombe tout le temps : après un nombre, « personnes » ne se dit pas avec люди mais avec la forme человек, identique au singulier. On dit пять человек piat’ tcheloviék, cinq personnes, et non пять людей. La seule brèche est l’adjectif : dès qu’un mot s’intercale entre le nombre et le nom, людей revient — пять молодых людей piat’ molodýkh lioudiéï, cinq jeunes gens.
Il faut s’arrêter plus longuement sur человек et ребёнок, car ils ne sont pas irréguliers au sens où l’est брат. On parle ici de supplétion : le pluriel ne se forme pas sur le singulier, il est emprunté à un autre mot, exactement comme le français prend « nous allons » à un verbe et « j’irai » à un autre. Il n’y a donc rien à deviner et rien à reconstruire — seulement deux paires à savoir par cœur.
| Cas | l’homme, la personne | l’enfant |
|---|---|---|
| nominatif singulier | человек tcheloviék | ребёнок riebiónok |
| génitif singulier | человека tcheloviéka | ребёнка riebiónka |
| nominatif pluriel | люди lioúdi | дети diéti |
| génitif et accusatif pluriels | людей lioudiéï | детей dietiéï |
| datif pluriel | людям lioúdiam | детям diétiam |
| instrumental pluriel | людьми lioud’mí | детьми diet’mí |
| prépositionnel pluriel | людях lioúdiakh | детях diétiakh |
Deux lignes de ce tableau demandent votre attention. L’instrumental pluriel d’abord : ces deux mots sont, avec une poignée d’autres, les seuls du russe moderne à conserver une désinence en -ьми. L’accent y tombe sur la toute dernière syllabe, ce qui s’entend très nettement — с детьми s diet’mí, « avec les enfants ». Ensuite le génitif pluriel, qui sert aussi d’accusatif puisque ces noms désignent des êtres animés : « je vois les enfants » se dit Я вижу детей Ia víjou dietiéï, avec la forme du génitif, et non Я вижу дети.
Voici la règle qui trahit le plus sûrement un débutant, parce qu’elle contredit tout ce qu’on vient d’apprendre. Pour compter des personnes, le russe n’emploie pas le pluriel люди : il emploie la forme человек, identique au nominatif singulier, et c’est elle qui tient le rôle de génitif pluriel après un nombre. Сколько человек? Skól’ko tcheloviék ?, « combien de personnes ? » ; тридцать человек, trente personnes ; несколько человек niéskol’ko tcheloviék, quelques personnes. Le mot ne change pas, quel que soit le nombre.
Hors comptage, люди et son génitif людей reprennent tous leurs droits : много людей mnógo lioudiéï, beaucoup de gens, эти люди, ces gens-là. Et dès qu’un adjectif se glisse entre le nombre et le nom, la forme comptée cède la place : on dit пять молодых людей, cinq jeunes gens, et non пять молодых человек. Retenez donc l’opposition par le son plutôt que par la règle : двадцать человек contre много людей.
Pour ребёнок, rien de tel : on compte les enfants avec le pluriel normal, et les nombres collectifs y sont même préférés — двое детей dvóie dietiéï, deux enfants, трое детей tróie dietiéï, trois enfants. Ces nombres particuliers, qui servent surtout avec des noms de personnes, commandent eux aussi le génitif pluriel, et c’est bien la forme детей qui apparaît alors.
Deux noms de parenté féminins se déclinent d’une façon qui n’appartient qu’à eux : мать et дочь. Au nominatif et à l’accusatif singuliers, ce sont des mots très courts, terminés par un signe mou. Partout ailleurs — dès le génitif singulier, et dans tout le pluriel — un élément -ер- vient s’intercaler entre le radical et la désinence, et le mot gagne une syllabe. C’est ce qui donne les couples мать / матери et дочь / дочери, qui n’ont presque plus l’air d’appartenir au même mot.
| Cas | la mère | la fille |
|---|---|---|
| nominatif singulier | мать mat’ | дочь dotch’ |
| génitif singulier | матери mátieri | дочери dótcheri |
| instrumental singulier | матерью mátier’iou | дочерью dótcher’iou |
| nominatif pluriel | матери mátieri | дочери dótcheri |
| génitif et accusatif pluriels | матерей matieriéï | дочерей dotcheriéï |
| datif pluriel | матерям matieriám | дочерям dotcheriám |
| prépositionnel pluriel | матерях matieriákh | дочерях dotcheriákh |
Observez la ligne du nominatif pluriel et celle du génitif singulier : elles portent la même forme. матери est donc à la fois « de la mère » et « les mères », et seul le contexte tranche. Cette coïncidence produit une phrase que les manuels aiment bien : У меня две дочери Ou mieniá dvie dótcheri, « j’ai deux filles », où дочери n’est pas un pluriel du tout, mais le génitif singulier commandé par le nombre две.
Deux précisions encore. L’accent reste sur le radical dans tout le singulier et au nominatif pluriel, puis passe sur la désinence dans les autres cas du pluriel : voilà pourquoi матери et матерей ne sonnent pas du tout pareil. Et l’instrumental pluriel de дочь connaît deux formes concurrentes dans l’usage ; nous ne tranchons pas ici, et vous pouvez contourner la difficulté en employant une autre construction. Notez enfin que les mots affectueux мама máma et дочка dótchka, bien plus fréquents dans la conversation, sont de parfaits noms réguliers : мамы, дочки. Le russe parlé évite donc assez souvent l’irrégularité.
Une petite série fermée de noms neutres se termine par -мя. Ils sont peu nombreux, mais trois d’entre eux sont du vocabulaire de base : время, le temps, имя, le nom ou le prénom, et семя siémia, la graine. Leur mécanique est simple à énoncer : dès qu’une désinence s’ajoute, un élément -ен- apparaît. Le phénomène commence déjà au singulier, au génitif, au datif, à l’instrumental et au prépositionnel, et il se poursuit dans tout le pluriel.
| Cas | le temps | le nom | la graine |
|---|---|---|---|
| nominatif singulier | время vriémia | имя ímia | семя siémia |
| génitif singulier | времени vriémieni | имени ímieni | семени siémieni |
| nominatif pluriel | времена vriemená | имена imená | семена siemiená |
| génitif pluriel | времён vriemión | имён imión | семян siemián |
| datif pluriel | временам vriemienám | именам imienám | семенам siemienám |
La dernière colonne cache un piège que même les tableaux oublient parfois. Le génitif pluriel de семя n’est pas семён, comme le modèle le laisserait attendre, mais семян siemián. C’est la seule anomalie de la série, et elle s’apprend telle quelle, par exemple dans la phrase du jardinier : пакет семян pakiét siemián, « un sachet de graines ».
La série compte encore знамя známia, le drapeau, qui donne знамёна znamióna et знамён, et племя pliémia, la tribu, qui donne племена pliemiená et племён. Il existe aussi пламя plámia, la flamme, mais celui-là ne s’emploie guère au pluriel, et vous n’aurez donc pas à le produire. Retenez surtout que le pluriel de ces mots est accentué sur la désinence, ce qui éloigne encore un peu plus sa sonorité de celle du singulier.
Une dernière chose sur время, parce qu’elle revient dans toutes les premières conversations. La question « quelle heure est-il ? » se construit au génitif singulier : Сколько времени? Skól’ko vriémieni ?. Le pluriel времена, lui, ne dit pas « les heures » mais « les époques » : Времена меняются Vriemiená mieniáioutsia, « les temps changent ». Le singulier et le pluriel de ce mot désignent donc deux choses différentes, et c’est le pluriel qui est le plus facile à employer sans se tromper.
Voici quatre mots qu’on ne peut pas éviter et qui sont irréguliers chacun à sa manière. Deux sont des neutres qui allongent leur radical, небо et чудо ; deux désignent des parties du corps qui vont par paires, глаз et ухо. Cette dernière particularité n’est pas un hasard : ces pluriels remontent à une forme ancienne du nombre, qui servait à désigner les objets doubles et dont le russe moderne ne garde que des traces.
| Singulier | Nominatif pluriel | Génitif pluriel | Prépositionnel pluriel |
|---|---|---|---|
| небо niébo le ciel | небеса niebiessá | небес niebiés | небесах niebiessákh |
| чудо tchoúdo le prodige | чудеса tchoudiessá | чудес tchoudiés | чудесах tchoudiessákh |
| глаз glaz l’œil | глаза glazá | глаз glaz | глазах glazákh |
| ухо oúkho l’oreille | уши oúchi | ушей ouchéï | ушах ouchákh |
Un mot de registre, qui vous évitera une maladresse. небеса n’est pas le pluriel que l’on emploie pour parler de la météo : c’est une forme élevée, celle de la poésie et des textes religieux. Le ciel ordinaire se dit au singulier, небо, et l’on regarde на небо, non на небеса. чудеса, en revanche, appartient à la langue de tous les jours, et il sert dans deux tours très courants : Он верит в чудеса, « il croit aux miracles », et Чудес не бывает Tchoudiés nie byváiet, « les miracles, ça n’existe pas ».
Pour les deux parties du corps, le point à surveiller est le génitif pluriel. ухо prend -ей comme un nom mou, alors que son singulier est dur : уши, ушей, ушам, ушами. Ce passage au modèle mou ne concerne toutefois que le génitif pluriel ; les autres cas gardent les désinences dures, à la différence de соседи rencontré plus haut, qui est mou dans tout son pluriel. глаз, lui, n’a aucune désinence au génitif pluriel, si bien que la même suite de lettres sert au nominatif singulier et au génitif pluriel. Deux phrases suffisent à fixer la différence : У неё красивые глаза, « elle a de beaux yeux », et у неё слёзы на глазах ou nieió sliózy na glazákh, « elle a les larmes aux yeux ».
Des mots isolés, à retenir un par un : il n’y a pas de famille derrière eux. Touchez une réponse, puis Correction.
Les génitifs pluriels donnés dans les tableaux ci-dessus le sont parce qu’ils ne se déduisent d’aucune règle : ils font partie de l’irrégularité du mot. Les règles générales de formation du génitif pluriel, elles, sont exposées sur la page du génitif pluriel.
Voici la page entière ramenée à trois colonnes. Elle ne remplace pas les explications qui précèdent, mais elle rend un autre service : vous pouvez la relire en une minute, et vérifier d’un coup d’œil la forme sur laquelle vous hésitez. Nous y avons rangé les mots par famille, et nous avons gardé pour chacun les trois formes qui suffisent à reconstruire le reste. Apprenez-les toujours ensemble, à voix haute : c’est la seule méthode qui fonctionne pour une liste.
| Singulier | Pluriel | Génitif pluriel | Famille |
|---|---|---|---|
| дом la maison | дома domá | домов domóv | masculin en -á accentué |
| город la ville | города gorodá | городов gorodóv | masculin en -á accentué |
| учитель le professeur | учителя outchitieliá | учителей outchitieliéï | masculin en -á accentué, variante molle |
| глаз l’œil | глаза glazá | глаз glaz | masculin en -á accentué, génitif nu |
| брат le frère | братья brát’ia | братьев brát’iev | pluriel en -ья, génitif en -ьев |
| стул la chaise | стулья stoúl’ia | стульев stoúl’iev | pluriel en -ья, génitif en -ьев |
| дерево l’arbre | деревья dieriév’ia | деревьев dieriév’iev | pluriel en -ья, génitif en -ьев |
| друг l’ami | друзья drouz’iá | друзей drouziéï | pluriel en -ья, génitif en -ей |
| сын le fils | сыновья synov’iá | сыновей synoviéï | pluriel en -ья, génitif en -ей |
| муж le mari | мужья mouj’iá | мужей moujéï | pluriel en -ья, génitif en -ей |
| гражданин le citoyen | граждане grájdanie | граждан grájdan | nom en -анин |
| крестьянин le paysan | крестьяне kriest’iánie | крестьян kriest’ián | nom en -янин |
| котёнок le chaton | котята kotiáta | котят kotiát | petit d’animal en -ёнок |
| медвежонок l’ourson | медвежата miedviejáta | медвежат miedvieját | petit d’animal en -онок |
| человек la personne | люди lioúdi | людей lioudiéï | supplétif |
| ребёнок l’enfant | дети diéti | детей dietiéï | supplétif |
| хозяин le maître de maison | хозяева khoziáieva | хозяев khoziáiev | isolé |
| господин le monsieur | господа gospodá | господ gospód | isolé |
| сосед le voisin | соседи sossiédi | соседей sossiédieï | singulier dur, pluriel mou |
| мать la mère | матери mátieri | матерей matieriéï | élément -ер- |
| дочь la fille | дочери dótcheri | дочерей dotcheriéï | élément -ер- |
| время le temps | времена vriemená | времён vriemión | neutre en -мя |
| имя le nom | имена imená | имён imión | neutre en -мя |
| семя la graine | семена siemiená | семян siemián | neutre en -мя, génitif à part |
| небо le ciel | небеса niebiessá | небес niebiés | radical allongé en -ес- |
| чудо le prodige | чудеса tchoudiessá | чудес tchoudiés | radical allongé en -ес- |
| ухо l’oreille | уши oúchi | ушей ouchéï | neutre isolé |
| яблоко la pomme | яблоки iábloki | яблок iáblok | neutre isolé |
| плечо l’épaule | плечи pliétchi | плеч plietch | neutre isolé |
| колено le genou | колени koliéni | колен kolién | neutre isolé |
Une façon d’utiliser ce tableau : cachez la deuxième colonne et lisez la première à voix haute en produisant le pluriel, puis recommencez en cachant la troisième. Les mots sur lesquels vous butez deux fois de suite sont ceux qu’il faut noter à part. Il y en aura cinq ou six, pas davantage, et ce sont eux qui méritent votre temps.
Ici la phrase n’appelle plus le nominatif : un génitif pluriel après un mot de quantité, ou bien un autre cas. Touchez une réponse, puis Correction.
Les noms qui n’ont pas de singulier. Certains mots n’existent qu’au pluriel, y compris quand ils désignent un seul objet. Leur pluriel n’est pas irrégulier : il est obligatoire.
Ces mots commandent le pluriel partout où ils apparaissent, verbe et possessif compris : Где мои очки? Gdie moí otchkí ? (où sont mes lunettes ?), Часы стоят. Tchassý stoiát. (la montre est arrêtée), Деньги лежат на столе. Dién’gui leját na stolié. (l’argent est sur la table).
Les noms invariables. Les emprunts terminés par -о, -е, -и ou -у ne se déclinent pas et ne marquent pas le nombre : такси taksí, метро mietró, пальто pal’tó, кино kinó, радио rádio. Le pluriel se lit alors sur l’adjectif ou sur le verbe, jamais sur le nom : новые такси nóvyie taksí, les nouveaux taxis. Attention, la règle ne vaut pas pour tous les emprunts à finale vocalique : ceux qui se terminent par -а se déclinent comme n’importe quel nom russe — газета gaziéta, гитара guitára. Le genre de tous ces mots est traité sur la page des trois genres.
Deux pluriels pour deux sens, des mots sans singulier, des invariables, et un faux irrégulier qui n’en est pas un. Touchez une réponse, puis Correction.
Deux familles se reconnaissent à l’œil, parce qu’elles tiennent à un suffixe : les noms en -анин font leur pluriel en -ане, et les noms de petits d’animaux en -ёнок le font en -ята. Pour les trois autres, en revanche, aucune règle ne prédit à quelle famille appartient un mot donné : rien dans брат n’annonce братья plutôt que браты. Ces pluriels-là s’apprennent, et ils s’apprennent par la fréquence : ce sont les mots qu’on rencontre le plus souvent, donc ceux qu’on entend le plus. C’est plutôt une bonne nouvelle : la liste est courte, et l’usage la répète assez souvent pour qu’elle s’installe d’elle-même.
Un conseil de méthode : apprenez le pluriel avec le mot, dès la première rencontre, et toujours à voix haute. дом, дома ne se retient pas comme une règle mais comme une mélodie — l’accent qui saute d’une syllabe à l’autre s’entend avant de s’analyser.
Et si vous ne devez retenir que trois choses de cette page, retenez celles-ci. D’abord, que l’irrégularité porte presque toujours sur le nominatif pluriel, et que les autres cas se déduisent de lui. Ensuite, que le génitif pluriel se comporte comme il lui plaît et doit être appris séparément, parce que c’est lui qui sert après les nombres et les mots de quantité. Enfin, qu’un mot très courant a plus de chances d’être irrégulier qu’un mot rare : c’est vrai dans toutes les langues, et c’est pour cette raison que le russe vous oppose ses pluriels les plus bizarres dès les premières leçons.
L’oreille fait ce travail mieux que la liste. Un tableau se relit ; il ne se retient pas. Ces formes entrent par la répétition orale, dans des phrases entières. C’est exactement ce que travaille notre cours de russe, entièrement audio, en leçons courtes. Le reste du dossier est accessible depuis nos dossiers de grammaire.
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Une liste limitée de masculins courants : дом → дома, город → города, лес → леса, голос → голоса, адрес → адреса, вечер → вечера, глаз → глаза, учитель → учителя, паспорт → паспорта, берег → берега, поезд → поезда. Elle s’apprend mot à mot, il n’y a pas de règle qui la prédise, et l’usage parlé l’allonge encore.
Ce sont les pluriels de deux mots différents. цвета vient de цвет, la couleur ; цветы vient de цветок, la fleur. Même chose pour листья, les feuilles d’un arbre, et листы, les feuilles de papier.
Ces quatre noms de parenté prennent le pluriel en -ья : братья, сыновья, мужья, друзья. Leur génitif pluriel sépare la famille en deux : братьев d’un côté, сыновей, мужей et друзей de l’autre. Comme ils désignent des personnes, leur accusatif pluriel est identique au génitif : Я люблю своих братьев, j’aime mes frères.
люди et дети. Ce sont des pluriels supplétifs : ils ne dérivent pas de человек ni de ребёнок, ce sont d’autres mots. Leurs génitifs pluriels sont людей et детей.
Après un nombre, le russe emploie la forme человек, identique au singulier, pour compter les personnes : пять человек, двадцать человек. люди s’emploie hors comptage : много людей, эти люди. Une réserve utile : dès qu’un adjectif s’intercale, людей revient — пять молодых людей, cinq jeunes gens.
Parce que ces deux mots conservent à l’instrumental pluriel une désinence ancienne en -ьми, que la langue a abandonnée partout ailleurs. On dit donc с людьми, avec des gens, et с детьми, avec les enfants, avec l’accent sur la dernière syllabe. Les autres cas, eux, suivent le pluriel mou ordinaire : людей, людям, о людях.
Les deux existent, mais ils ne disent pas la même chose. дети est le pluriel ordinaire, celui qu’on emploie pour parler des enfants. ребята, formé avec le suffixe des petits d’animaux, s’est spécialisé dans un emploi familier et chaleureux : il désigne un groupe de camarades, les gars, les copains, et s’adresse souvent directement à eux.
On enlève le -ин final. Il reste le radical en -ан- ou -ян-, auquel s’ajoute un -е au nominatif pluriel : гражданин → граждане, крестьянин → крестьяне, армянин → армяне. Le génitif pluriel, lui, n’a aucune désinence du tout : граждан, крестьян, армян. Deux mots de cette famille font bande à part, хозяин → хозяева et господин → господа.
Le suffixe -ёнок du singulier est remplacé par -ята au pluriel : котёнок → котята, цыплёнок → цыплята, поросёнок → поросята. Après une consonne chuintante, on écrit -онок et -ата : медвежонок → медвежата, волчонок → волчата. Le génitif pluriel est sans désinence : котят, цыплят, медвежат.
Parce qu’un élément -ер- s’intercale dès que le mot reçoit une désinence. мать et дочь sont très courts au nominatif et à l’accusatif singuliers, puis s’allongent partout ailleurs : матери, матерей, матерям, матерях. Attention, матери est à la fois le génitif singulier et le nominatif pluriel, et c’est le contexte qui tranche : У меня две дочери signifie « j’ai deux filles », avec un génitif singulier commandé par le nombre.
Ces neutres en -мя intercalent un élément -ен- dès qu’une désinence s’ajoute, au singulier comme au pluriel : времени, имени, puis времена, имена, семена. Les génitifs pluriels sont времён et имён, mais celui de семя est семян, et c’est la seule anomalie de la série. Le groupe compte encore знамя → знамёна et племя → племена.
Mieux vaut l’éviter dans la conversation. небеса est la forme élevée, celle de la poésie et des textes religieux ; le ciel de tous les jours se dit au singulier, небо, et l’on regarde на небо. En revanche чудеса, construit de la même façon avec un -ес- ajouté au radical, est parfaitement courant : Он верит в чудеса, Чудес не бывает.
Cela dépend de la famille. Chez les mots dont le radical change, l’irrégularité porte sur le pluriel entier : друг donne друзья, друзей, друзьям, друзьями, et гражданин donne граждане, граждан, гражданам. Chez les masculins à pluriel en -а accentué, en revanche, seul le nominatif pluriel est irrégulier : дом fait дома, mais домов, домам, домами comme n’importe quel masculin dur. Le singulier, lui, reste régulier dans presque toutes ces familles ; мать et дочь font exception, puisqu’ils intercalent -ер- dès le génitif singulier. Le génitif pluriel est le plus imprévisible, et nous le donnons dans chaque tableau.
Non. книга fait книги et non книгы parce que la règle orthographique interdit ы après г. Le mot suit parfaitement le modèle régulier ; seule la lettre change.
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