Le wolof n'a pas de temps du passé au sens français. Il a une marque qu'on ajoute, et qui se combine avec n'importe quelle construction.
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Le suffixe -oon s'ajoute au verbe pour situer l'action dans le passé. Après une consonne il prend la forme -oon ; après une voyelle, une consonne de liaison s'intercale.
Le point essentiel est qu'il ne s'agit pas d'une conjugaison. C'est une marque qui se superpose à la construction déjà choisie. Un parfait peut recevoir -oon, un focus complément aussi, une forme négative également.
Autrement dit : vous choisissez d'abord ce que la phrase met en avant — voir laquelle choisir — puis vous ajoutez, si besoin, le report dans le passé. L'ordre des décisions compte.
C'est la vraie question de ce chapitre, et elle surprend les francophones.
-oon n'est pas obligatoire pour parler du passé. Une action achevée est déjà, par son aspect, présentée comme accomplie : le parfait suffit dans la plupart des récits ordinaires.
La marque intervient quand il faut établir une antériorité : un fait antérieur à un autre fait passé, un état révolu, une situation qui n'a plus cours. Elle joue donc un rôle proche de notre plus-que-parfait, plus que de notre passé composé.
Elle sert aussi à marquer qu'une chose appartient définitivement au passé — qu'elle est finie, qu'elle n'est plus vraie. C'est une nuance forte, qui peut être lourde de sens dans une conversation.
Employer -oon partout où le français mettrait un passé composé. Cela produit un discours qui insiste constamment sur le caractère révolu des choses — un effet involontairement mélancolique, et souvent inexact.
Le bon réflexe : n'ajoutez -oon que si vous voulez dire « c'était » et non « c'est arrivé ». Dans le doute, le parfait seul convient.
Le wolof dispose d'autres moyens de situer dans le temps, et il y recourt volontiers.
Hier, l'an dernier, autrefois. Un repère posé en tête de phrase suffit à situer tout ce qui suit, sans marque sur le verbe.
Une fois le cadre posé, les actions suivantes s'enchaînent à l'aoriste, sans répéter le temps.
L'opposition accompli-inaccompli porte déjà beaucoup d'information. Voir l'aspect plutôt que le temps.
Retenez la hiérarchie : le wolof dit d'abord la nature de l'action, ensuite seulement son moment — et souvent il laisse le contexte s'en charger. C'est l'inverse de notre réflexe, où le temps est la première décision.
Une marque courte, un sens fort. Trois lettres qui font passer une chose du côté du révolu. C'est typiquement une nuance qui s'acquiert en écoutant des gens raconter, pas en lisant une règle. Notre cours de wolof est entièrement audio, en leçons de quatorze minutes.
Quarante-sept pages qui se répondent — des classes nominales au système de focus, le cœur de la langue. À parcourir dans l'ordre, ou au gré de vos questions.
Lire cette page ne vous fera pas parler — écouter, si. Quatorze minutes par jour, vous répétez à voix haute ce que vous entendez, et la langue s'installe. La première leçon est gratuite sur la plateforme ou l'application, sans carte bancaire.
Par le suffixe -oon ajouté au verbe. Ce n'est pas une conjugaison mais une marque qui se superpose à la construction déjà choisie.
Non. Une action achevée est déjà présentée comme accomplie par son aspect : le parfait suffit dans la plupart des récits. La marque sert à établir une antériorité ou un état révolu.
Employer -oon partout où le français mettrait un passé composé. Cela produit un discours qui insiste constamment sur le caractère révolu des choses — un effet involontairement mélancolique.
Par un mot de temps en tête de phrase, qui suffit à situer tout ce qui suit, ou par l'enchaînement du récit à l'aoriste une fois le cadre posé.
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