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Cours de langues›Le présentatif maa ngi

Le présentatif : « me voici en train de… »

Une construction à part, qui ne raconte pas mais montre. C’est celle qu’on emploie pour dire ce qu’on est en train de faire, là, maintenant.

Le cours de wolof se suit dans l’application LIMBA : des leçons audio de 14 minutes, suivies d’exercices écrits, sur iPhone, iPad et Android. L’application est gratuite, et les deux premières leçons aussi. La leçon 1 s’écoute également plus haut sur cette page, en entier.

Une forme qui ne ressemble à aucune autre

Le présentatif se reconnaît immédiatement à sa forme. À la première personne du singulier, il donne maa ngi ; à la troisième, mu ngi. Ces formes n’ont aucun rapport visible avec les autres constructions du wolof.

C’est voulu : le présentatif fonctionne à part. Il ne s’inscrit pas dans le jeu des focus, parce qu’il ne met pas un élément en avant — il pose une scène sous les yeux de l’interlocuteur.

Le nom que lui donnent les grammairiens dit bien ce qu’il fait : il présente. L’équivalent français le plus proche serait « voici », « me voici en train de » — une tournure que nous employons rarement, alors que le wolof y recourt constamment.

Quand l’employer

Pour ce qui se déroule maintenant

C’est son usage principal. Décrire l’action en cours au moment où l’on parle : je suis en train de manger, il est en train de travailler. Le présentatif se combine alors avec la marque d’inaccompli. Voir l’inaccompli.

Pour signaler une présence

Dire où l’on est, où se trouve quelqu’un, où se trouve une chose. La construction sert alors de localisateur autant que de verbe.

Pour répondre à « comment ça va ? »

Les échanges de salutations wolof, qui sont longs et ritualisés, emploient largement cette construction. C’est donc l’une des premières formes que vous entendrez, et l’une des premières à savoir produire.

Ce qu’il ne fait pas

Il ne raconte pas. Pour énoncer un fait accompli, il faut le parfait. Pour souligner un élément, il faut l’une des constructions de focus. Le présentatif est réservé à ce qui se donne à voir dans l’instant.

Pourquoi les francophones le sous-emploient

Parce que notre langue n’a pas d’équivalent courant. Le français dit simplement « je mange » aussi bien pour l’action en cours que pour l’habitude — c’est le contexte qui départage, et nous n’y pensons jamais.

Le wolof, lui, sépare nettement ces deux valeurs : l’habitude relève d’une construction, l’action en cours d’une autre. Un francophone qui emploie le parfait pour dire « je mange » produit une phrase correcte mais qui signifie autre chose.

Le réflexe à installer est donc une question : est-ce que je décris une scène en cours, ou est-ce que j’énonce un fait ? La réponse choisit la construction. Voir laquelle choisir.

Bonne nouvelle : c’est l’une des constructions les plus faciles à repérer à l’oreille, parce que sa forme est distinctive. Vous l’identifierez dans le flux de la parole bien avant de savoir la produire — et c’est le bon ordre d’acquisition.

Une construction à installer tôt. Elle sert dans les salutations, qui ouvrent toute conversation sénégalaise, et pour dire ce qu’on fait. Deux usages quotidiens, pour une forme unique. Notre cours de wolof la met en situation dès les premières leçons, en audio, quatorze minutes à la fois.

Exercices : le présentatif en maa ngi

Chaque question porte sur la construction présentée ci-dessus, sur sa forme et sur ses emplois. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. À la première personne du singulier, le présentatif donne ___.
  2. À la troisième personne, le présentatif donne ___.
  3. Les formes du présentatif ressemblent ___ aux autres constructions du wolof.
  4. Le présentatif s’inscrit-il dans le jeu des focus ? ___
  5. Plutôt que de souligner un élément, le présentatif ___.
  6. Le nom que les grammairiens lui donnent indique qu’il ___.
  7. L’équivalent français le plus proche du présentatif est ___.
  8. Cette tournure française, le wolof l’emploie ___.
  9. L’usage principal du présentatif est ___.
  10. Pour dire l’action en cours, le présentatif se combine avec ___.
  11. Quand il signale une présence ou un lieu, le présentatif sert ___.
  12. Les échanges de salutations wolof emploient largement ___.
  13. Pour énoncer un fait accompli, il faut ___, car le présentatif ne raconte pas.
  14. Si les francophones sous-emploient le présentatif, c’est parce que le français ___.
  15. En français, ce qui départage l’action en cours et l’habitude est ___.
  16. Un francophone qui emploie le parfait pour dire « je mange » produit ___.
  17. Le réflexe à installer est de se demander ___.
  18. Parce que sa forme est distinctive, le présentatif ___.

Toute la grammaire wolof, chapitre par chapitre

Quarante-sept pages qui se répondent — des classes nominales au système de focus, le cœur de la langue. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.

Le wolof, la langue du Sénégal

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La leçon 1 est aussi en haut de cette page, gratuite et en entier : je l’écoute ici, sans compte à créer.

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Questions fréquentes

Qu’est-ce que le présentatif en wolof ?

Une construction à part, en maa ngi à la première personne et mu ngi à la troisième, qui montre ce qui se déroule sous les yeux plutôt que de raconter.

Quand l’emploie-t-on ?

Pour l’action en cours au moment où l’on parle, pour signaler une présence ou un lieu, et dans les échanges de salutations — qui sont longs et ritualisés au Sénégal.

Pourquoi les francophones l’oublient-ils ?

Parce que le français dit « je mange » aussi bien pour l’action en cours que pour l’habitude. Le wolof sépare nettement ces deux valeurs, et employer le parfait pour l’une donne l’autre.

Se combine-t-il avec d’autres marques ?

Oui, notamment avec la marque d’inaccompli pour exprimer une action en train de se dérouler.

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