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Cours de langues›Le wolofal en écriture arabe

Le wolofal : une littérature wolof en caractères arabes

Bien avant l’orthographe latine de 1971, le wolof s’écrivait déjà. En caractères arabes, et depuis des siècles — avec une littérature que peu de gens soupçonnent.

Le cours de wolof se suit dans l’application LIMBA : des leçons audio de 14 minutes, suivies d’exercices écrits, sur iPhone, iPad et Android. L’application est gratuite, et les deux premières leçons aussi. La leçon 1 s’écoute également plus haut sur cette page, en entier.

De quoi il s’agit

On appelle ajami l’usage de l’alphabet arabe pour écrire une langue qui n’est pas l’arabe. Le procédé a été employé dans une grande partie du monde musulman : pour le persan, le turc ottoman, le malais, le swahili, le haoussa.

Appliqué au wolof, il porte un nom propre : le wolofal. Il découle de l’islamisation ancienne des principaux groupes musulmans du Sénégal — les Wolofs, mais aussi les Pulaar et les Mandingues, qui ont chacun développé leur propre ajami.

Autrement dit, l’idée que le wolof serait une langue purement orale jusqu’aux années 1970 est fausse. Elle s’écrivait, elle se publiait, elle se lisait — simplement dans un alphabet que les administrations coloniales ne reconnaissaient pas.

La confrérie mouride et l’essor du wolofal

C’est l’épisode le plus important de cette histoire, et il est bien documenté.

La confrérie mouride est fondée au Sénégal en 1883 par Cheikh Ahmadou Bamba (vers 1853-1927). Son enseignement insiste sur le travail, l’éducation soufie et une relation accommodante avec la puissance coloniale française.

Plusieurs de ses disciples de premier rang font alors un constat pratique : la conversion véritable des masses wolofs ne peut passer par des textes en arabe, que presque personne ne lit. Il faut des écrits en wolof, qui puissent être chantés ou lus à voix haute devant des auditoires villageois non lettrés.

De ce besoin naît une littérature entière. Elle est remarquablement variée : poésie satirique, polémique et de protestation, biographies, éloges, généalogies, recueils de talismans, manuels thérapeutiques, récits historiques, discours, règles de conduite.

Les spécialistes soulignent que ce développement est lié à un désir d’autonomie culturelle wolof : la confrérie n’a pas cherché à s’assimiler entièrement à la langue et à la culture arabes, mais à adapter l’islam à une manière africaine de vivre. C’est ce qui explique que la littérature ajami se soit développée plus vite chez les mourides que dans les autres confréries.

Aujourd’hui

Le wolofal n’est pas un objet de musée. Il reste employé dans les milieux religieux, dans l’enseignement coranique, dans la correspondance et dans la production de textes de dévotion. Des manuscrits continuent d’être copiés, lus et chantés.

Des programmes de préservation, dont un mené sous l’égide de la British Library, ont entrepris de numériser des fonds de manuscrits wolofs en ajami — signe que ce patrimoine est à la fois reconnu et menacé.

Faut-il l’apprendre ? Soyons clairs : non, pas pour parler wolof. Si votre objectif est de communiquer, l’orthographe latine officielle suffit amplement. Voir l’alphabet de 1971.

Mais connaître son existence change la façon dont on regarde la langue. Le wolof n’est pas une langue « sans écriture » qu’on aurait dotée d’un alphabet au vingtième siècle. C’est une langue qui en a eu deux, successivement puis simultanément, et dont la tradition écrite est plus ancienne que l’orthographe que vous apprendrez.

Un lecteur de l’arabe y retrouvera ses repères, avec des adaptations : le wolof possède des sons que l’alphabet arabe ne note pas, et des signes ont été ajoutés ou réemployés pour les transcrire. Voir aussi les emprunts à l’arabe.

Ce qu’il faut en retenir. Une langue orale n’est pas une langue sans histoire écrite. Cela dit, c’est bien à l’oral que le wolof se pratique aujourd’hui, et c’est par là qu’on l’apprend. Notre cours de wolof est entièrement audio, en leçons de quatorze minutes.

Exercices : le wolofal en écriture arabe

Chaque question porte sur le wolofal tel qu’il est présenté ci-dessus. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. On appelle ajami l’usage de l’alphabet arabe pour écrire ___.
  2. Appliqué au wolof, ce procédé porte le nom de ___.
  3. Parmi les langues écrites en ajami, cette page cite ___.
  4. Le wolofal découle de ___.
  5. Les Pulaar et les Mandingues ___.
  6. L’idée que le wolof serait resté purement oral jusqu’aux années 1970 est ___.
  7. Avant 1971, le wolof s’écrivait dans un alphabet que ___.
  8. La confrérie mouride est fondée au Sénégal en ___.
  9. Le fondateur de la confrérie mouride est ___.
  10. L’enseignement de Cheikh Ahmadou Bamba insiste notamment sur ___.
  11. Les écrits en wolof devaient pouvoir être ___.
  12. La littérature en wolofal comprend notamment ___.
  13. Selon les spécialistes, cet essor est lié à un désir d’___.
  14. La littérature ajami s’est développée plus vite ___.
  15. Aujourd’hui, le wolofal ___.
  16. La numérisation de fonds de manuscrits wolofs en ajami a été menée sous l’égide de ___.
  17. Pour apprendre à parler wolof, le wolofal ___.
  18. L’alphabet arabe ne note pas certains sons du wolof ; pour les écrire, ___.

Toute la grammaire wolof, chapitre par chapitre

Quarante-sept pages qui se répondent — des classes nominales au système de focus, le cœur de la langue. À parcourir dans l’ordre, ou au gré de vos questions.

Le wolof, la langue du Sénégal

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Questions fréquentes

Qu’est-ce que le wolofal ?

La transcription du wolof en caractères arabes. C’est un cas d’ajami, terme désignant l’usage de l’alphabet arabe pour écrire une langue qui n’est pas l’arabe.

Le wolof s’écrivait-il avant 1971 ?

Oui, depuis longtemps, en caractères arabes. L’idée d’une langue purement orale jusqu’aux années 1970 est fausse : elle s’écrivait et se lisait, dans un alphabet que l’administration coloniale ne reconnaissait pas.

Quel rôle a joué la confrérie mouride ?

Un rôle décisif. Fondée en 1883 par Cheikh Ahmadou Bamba, elle a vu ses disciples développer une littérature wolof en ajami pour toucher des auditoires villageois non lettrés, par des textes chantés ou lus à voix haute.

Faut-il apprendre le wolofal pour parler wolof ?

Non. Si votre objectif est de communiquer, l’orthographe latine officielle suffit. Le wolofal éclaire l’histoire de la langue, il n’est pas nécessaire à sa pratique.

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